L’instant mytho #6

Le panthéon grec s’est agrandi avec l’arrivée d’Athéna, mais elle ne sera pas la dernière à le rejoindre… Cependant il me faut d’abord parler du couple le plus célèbre et explosif de la mythologie qui peut largement concurrencer Cersei et Jamie Lannister dans la catégorie « inceste » ! Je veux bien sûr parler d’Héra et Zeus.

Bien que son union avec Thémis fut fertile, Zeus pensa qu’afin de conforter sa place de roi des dieux, il lui fallait une femme à son image… Et Zeus avait déjà une candidate en tête : sa sœur aînée, Héra. C’était non seulement la plus belle déesse, mais également la plus farouche et ce que Zeus appréciait encore plus que la beauté, c’était qu’on lui résiste. Après avoir annulé son mariage avec Thémis (il y a de très bons avocats sur le Mont Olympe), il commença à faire la cour à la belle déesse qui, sans surprise, n’accueillit pas ces marques d’affection avec joie. Que reprochait-elle à Zeus exactement ? Et bien entre le fait qu’il était le plus gros queutard que la Terre avait jamais porté et qu’il atteignait son point Godwin à la vitesse de l’éclair, il n’avait pas vraiment de quoi plaire à la déesse du Mariage et de la Fidélité. D’accord, il était beau. Très beau même… Mais Héra ne souhaitait pas être un nom de plus sur la liste de ce Don Juan. Pourtant, l’idée de se faire couronner Reine des Dieux était tentante… Et puis, se dit-elle, peut être Zeus changera après m’avoir épousé ? (on sait tous qu’il ne faut pas trop y compter).

Alors que Zeus voyait ses chances s’amincir, il reçut la visite d’un paon porteur du message suivant : « retrouve moi dans ma chambre ». Il sut immédiatement qui était l’expéditeur : Héra lui avait envoyé son animal totem ! Ni une, ni deux, Zeus se déshabilla et se vaporisa entièrement la bouteille d’Axe sur tout le corps (oui, tout tout tout le corps).

Il ne prit même pas la peine de frapper et entra dans la chambre, une rose entre les dents. Héra plissa le nez et attrapa le draps couvrant le lit pour le jeter au visage de Zeus. « Rhabille toi, nous avons à parler. J’ai bien réfléchi et je consens à t’épouser… Mais sache qu’en tant que déesse du Mariage et de la Fidélité, j’attends un engagement inflexible de ta part». Zeus n’écouta que la partie où Héra acceptait de l’épouser et, sans réfléchir, répondit : « Evidemment, qui pourrait te surpasser ma très chère Héra ? Une fois mariés, je n’aurais d’yeux que pour toi »…

Le mariage fut grandiose, comme seuls les Dieux savaient le faire : champagne, arrivée en limousine, concert privé de Drake… Tout le gratin de l’Olympe était présent !

Par la suite, Zeus honora sa promesse de fidélité faite à Héra ; ils eurent d’abord deux filles, Ilithyie, déesse de l’Enfantement, et Hébé, déesse de la Jeunesse et de la Vitalité. Héra donna ensuite naissance à un garçon fort et robuste. Quand elle regarda son visage poupin, elle pensa « ce fils sera un ange, un dieu gentleman et un véritable artiste ! Il siégera au panthéon Olympien avec nous !». Effectivement, Arès, dieu de la guerre sanglante et de la destruction, était un petit artiste… A sa façon. Il aimait particulièrement repeindre les façades avec le sang de ses ennemis, de quoi rendre sa mamounette très fière.

Honnêtement, même si Héra aimait beaucoup ses enfants, elle était ennuyée de n’avoir en réserve que deux déesses mineures et un dieu barbare… Aux repas, c’était toujours la même rengaine ; tous acclamaient l’intelligence et la sagesse d’Athéna et admiraient Zeus pour avoir enfanté « seul » une fille aussi prodigieuse. Un jour, Poséidon lança : « Quand on voit les enfants que te donne notre sœur, tu devrais continuer à tout faire toi-même ». Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder l’amphore. Héra plongea dans une telle rage qu’elle s’enferma dans sa chambre, bien décidée à leur montrer de quoi elle était capable. « Si Zeus peut avoir un enfant seul, je ne vois pas ce qui m’empêche de faire de même ! ».

Héra se retrouva enceinte par le pouvoir de sa seule volonté (après tout, pourquoi pas ?) et décida de passer le mode « avance rapide » de sa grossesse. Elle accoucha seule et pria pour que l’enfant à naître ne soit pas une grosse brute comme Arès. Une fois le travail accompli, Héra admira son enfant… Enfin, il serait plus juste de dire qu’Héra découvrit avec effroi non pas un visage séraphique mais un enfant difforme. Hors de question de montrer cet être aux autres dieux ! Héra pouvait déjà voir leurs sourires moqueurs et entendre leurs railleries… Ni une, ni deux, la déesse par un drop à la Chabal envoya le nouveau-né par la fenêtre avant de retrouver les autres dieux comme si de rien était… Mais si tu penses que cette chute du Mont Olympe sonne la fin de cet enfant, laisse-moi te dire que tu ne pourrais pas plus être dans le faux… Cette chute se révélera n’être que le début de l’histoire du dieu Héphaïstos

La suite dans le prochain Instant Mytho !

 

Article par Margaux PRADEAU

Dessin par Justine Dehaese

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