Sufjan Stevens : l’ange de l’indie-folk reprend son envol

Sufjan Stevens : l’ange de l’indie-folk reprend son envol

Le 6 octobre marque la sortie du nouvel album de l’artiste Sufjan Stevens. Ce chanteur du Michigan dévoile à ses auditeurs un nouveau chapitre de sa vie dans chacune de ses œuvres. Empli de joie et de chagrin, “Javelin” s’ajoute à une carrière chargée en émotions. Zoom sur le secret de la recette du succès de l’auteur-compositeur-interprète. 

 

Les Confessions

Mélancolique, angélique, romantique. Ces trois mots décrivent avec justesse l’âme de Sufjan Stevens. Depuis près de trente ans, il expérimente la musique pour exprimer ses sentiments les plus profonds allant de l’amour passionnel au deuil de ses parents. Souvent sous le prisme de la religion, il chante des textes aux sonorités poétiques et lyriques. C’est la largeur de la palette des sujets qu’il traite qui font de lui un artiste peu commun. S’y ajoute une touche de sincérité qui transparaît dans sa voix angélique, presque chuchotée qui crée un lien particulier avec son public. L’intimité qui découle de ses mots poignants fait de ses fans des confidents qui eux aussi se sentent profondément compris.

Cet effet de catharsis est par ailleurs prisé de certains réalisateurs. Luca Guadagnino qui fait appel au Nord-Américain pour la bande originale du film Call Me By Your Name, en est la parfaite illustration. Une collaboration qui, en 2018, se voit être récompensée d’une nomination aux Oscars de la meilleure chanson originale avec Mystery of Love”. En 2022, sa chanson Chicago” attire les showrunners de la série The Bear qui cartonne aux États-Unis. Partout où il passe, les gens sont censés se sentir transportés dans un univers fictif ou dans son monde réel.

 

Choeur solitaire

Comment se manifeste cette invitation au voyage dans son instrumentation ? La plupart du temps, il cherche ses effets à travers son banjo et sa guitare acoustique. Une fois que les cordes sont pincées en arpèges, le bal des harmonies est lancé. Pourtant, l’omniprésence de ses instruments ne l’empêche pas d’avoir recours à des sons numériques. Quelle que soit l’option qu’il choisit, le musicien s’assure toujours de former un écho de mélodies. Ainsi, une seule note résonne comme dix d’entre elles. Il en est de même pour sa voix, un outil qu’il n’hésite pas à démultiplier et à accompagner de chœurs féminins. Ces méthodes mènent précisément à cette représentation d’une chorale ecclésiastique. Ici, un homme seul fait porter ses paroles à l’image d’un corps composé de plusieurs individus.

Javelin, à l’instar de ses prédécesseurs, utilise des méthodes artistiques variées. En commençant l’œuvre par le morceau “Goodbye Evergreen”, l’artiste suggère une page qui se tourne. Ses sonorités qui rappellent l’expérimental “The Ascension”, contrastent avec “A Running Start” qui se présente comme plus léger et enlevé. Vient s’immiscer un piano, qui lui aussi a pour fonction de fusionner vibrato et mélodie pour le plus grand plaisir de ceux qui l’écoutent. Le prolongement de l’émotion jusqu’aux dernières secondes est encore au rendez-vous. Et Carrie and Lowell, acclamé par la critique, se rapproche de certaines chansons sorties ce mois-ci.

Sufjan Stevens continue à tirer le meilleur de sa carrière pour offrir une œuvre innovante, complète et fidèle à lui-même. Si vous êtes curieux, n’hésitez pas à vous laisser transporter par ses émotions qui, au final, ne sont qu’un reflet musical des vôtres.

 

Crédits photo : Sufjan Stevens

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