Six Nations : l’armada française fait tomber Rome

Six Nations : l’armada française fait tomber Rome

Dimanche après-midi, le XV de France s’est largement imposé 73-24 à Rome. Un large succès qui redonne de l’espoir aux bleus pour la fin de ce tournoi. Un match référence pour les bleus même si tout n’a pas été parfait.

La semaine des Bleus avait pourtant mal démarrée. Fabien Galthié avait fait des choix forts, pour certains incompréhensibles. Le premier d’entre eux a été de renvoyer Damian Penaud en club. L’ailier bordelais, cadre du vestiaire et titulaire indiscutable n’a pas été retenu par le sélectionneur. Ce dernier expliquant son choix par l’envie d’instaurer de la concurrence à chaque poste. Ensuite, le staff a décidé d’amener un banc en « 7-1 » en Italie. Un banc composé de 7 avants et d’un seul trois-quarts. Un choix assumé par le sélectionneur qui expliquait avoir besoin de stabilité en fin de match. Et qui avait besoin de préparer la rencontre contre l’Irlande. Mais ce banc comporte un gros risque. Maxime Lucu, seul arrière sur le banc, peut jouer aussi bien en 9 qu’en 10, mais ne peut couvrir les autres postes. Que se serait-il passé si un de nos centres s’était blessé ? Qui aurait pu les remplacer avec un niveau suffisant pour le Six Nations ?

Pari risqué, mais pari gagnant ! 

Finalement, les choix du sélectionneur ont payé, les Français ont survolé les Italiens à Rome. Les 20 premières minutes ont été assez disputées. Mais on sentait les Bleus un cran supérieur. Cette stratégie d’envoyer énormément de jeu dès le début pour user les Italiens physiquement s’est retrouvée gagnante. Après le 4e essai, signe de bonus offensif, les Italiens ne pouvaient tout simplement plus rivaliser

L’animation offensive a été remarquable du début à la fin. L’usage de Louis Bielle-Biarrey et de Théo Attissogbe comme ailier décrochant pour revenir attaquer au centre du terrain a été redoutable. Les avants ont eux aussi répondu présents. Une conquête parfaite et des ballons portés très efficaces. S’ajoutent à cela les 110 rucks gagnés sur 111, et une très bonne défense du pack français. À l’image d’un exceptionnel Mickael Guillard, récompensé par son premier essai en bleu. 

La touche française était un des points faibles l’an dernier. Depuis le début du tournoi elle est irréprochable. Le retour du toulousain Thibaut Flament, a accentué cette domination aérienne. La squadra azzurra n’avait qu’un seul bloc de saut en défense et a vite été dépassée. La large palette de combinaisons française rassure pour la fin du tournoi. Ces plans de jeu français ont globalement tous fait mouche. Mais attention, lors du prochain match ce ne sera pas aussi facile, l’alignement irlandais est très largement supérieur à l’italien.

18/20 à Rome

On déplore quand même deux points noirs à Rome. Premièrement, Antoine Dupont fait preuve d’une maladresse dans ses passes. Un constat déjà fait en Angleterre. Le capitaine est certes le meilleur joueur du monde mais a encore quelques lacunes en tant qu’éjecteur de ballons. Plusieurs fois, ses passes étaient soit trop hautes, soit trop en cloche ou soit trop en avant. Des petites erreurs qui ralentissent le jeu français. 

Puis il y a le toulousain Pierre-Louis Barassi, auteur d’une prestation mitigée. Offensivement il a été d’une très grande qualité. Ses fixations et ses prises de décisions ont été justes. De plus, ses courses sans ballons ont été très efficaces et ont ouvert des brèches dans la défense italienne. Mais sa défense laisse à désirer. Là où les plaquages ratés de Mathieu Jalibert avaient été peu impactant contre les anglais (sauf un menant à un essai), ceux de Barassi ont été dévastateurs et ont offert deux essais aux Italiens. Là où l’ouvreur bordelais avait principalement manqué des plaquages offensifs dans les 22m anglais, le centre toulousain a manqué des plaquages défensifs dans la moitié de terrain française. 

On remarque aussi un problème de communication entre Moefana et Barassi. Le premier est sur un tournoi référence. Incontestablement le meilleur français depuis le début du 6 nations, Yoram Moefana a encore une fois été parfait de A à Z. Mais le manque de communication avec son comparse centre amène à se questionner sur l’association d’un autre joueur. Mais alors qui doit remplacer Barassi ? Nicolas Depoortere est certes habitué à jouer en club avec Moefana, mais le choisir contre l’Irlande est un trop gros risque. Emilien Gailleton aurait le même problème de communication que Barassi. Quant à Gaël Fickou, il semble être le meilleur choix. Il a déjà joué avec Moefana en sélection et il possède une immense expérience (93 sélections). Néanmoins, changer de paire de centres en cours de tournoi est un gros risque

On change tout et on prie ? 

Comme dit précédemment, Damian Penaud a été remplacé par la jeune pépite paloise, Théo Attissogbe. Le béarnais a réalisé un match exceptionnel, inscrivant son 5ème essai en autant de sélection avec les Bleus. L’ailier aurait même semé le doute chez le sélectionneur. Doit-il jouer contre l’Irlande ? Une autre question se pose. Doit-on re-titulariser Romain Ntamack ? Le toulousain n’a pas brillé contre le Pays de Galles, loin de là. Laisser Thomas Ramos en 10 et Léo Barré en 15 semble être la meilleure option. Jalibert étant lynché par le staff français et Buros trop juste pour reprendre, ils ne rentrent pas dans l’équation. Auteur d’une prestation exceptionnelle où il a marqué un doublé, le parisien (Barrésemble être le meilleur choix.

Alors doit-on tout changer et espérer que les choix tiennent la route ? Ou alors doit-on garder la même équipe ayant inscrit le plus de points de l’histoire des Bleus dans le 6 nations ? Et enfin, la France remportera-elle cette finale avant l’heure en Irlande ? Pour le savoir, rendez-vous le 8 mars prochain à l’Aviva Stadium de Dublin.

 

Lucas Oudot

 

Crédit : Lucas Oudot

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