Le déclin des droits des femmes et de la communauté LGBTQIA+ sous l’ère Trump

Le déclin des droits des femmes et de la communauté LGBTQIA+ sous l’ère Trump

Le 5 novembre 2024, les États-Unis ont élu Donald Trump pour un deuxième mandat non consécutif. Le républicain a été clair sur son programme : Non à l’avortement et non aux subventions de l’État pour les transitions de genre. Celui qui se présente comme le gardien des valeurs traditionnelles amène à se questionner sur le recul des droits des femmes et de la communauté LGBTQIA+. 

Une idéologie étouffante 

Le 24 juin 2022, sous l’administration de Joe Biden, la Cour Suprême a annulé l’arrêt fédéral Roe vs Wade et a ainsi laissé chaque État américain déterminer sa propre politique quant à l’accès à l’interruption volontaire de grossesse. La responsabilité de ce choix vient en partie de Donald Trump, qui a nommé sous son mandat de 2016 à 2020 trois juges républicains et conservateurs à la Cour Suprême, instance la plus importante du droit américain. Ce sont eux qui décident d’adopter ou de supprimer une loi. Par cette décision, le droit des femmes a fait un bond de cinquante ans en arrière. 

La première puissance mondiale, en faisant ce choix, empêche les femmes de choisir et de disposer librement de leurs corps. Pour rappel : 26 États ont interdit l’avortement ou entravé son accès. Depuis, la mortalité infantile a augmenté de 7% sur tout le territoire. Au Texas, où l’avortement est interdit, les décès de femmes enceintes ont augmenté de 56%.

Donald Trump et son administration ont réduit lors de son précédent mandat les financements destinés à soutenir les victimes d’abus, en affaiblissant notamment le “Violence Against Women Act” (VAWA).

L’élection de Donald Trump en cette année 2024 ne peut être une bonne nouvelle alors que les femmes, qui ont majoritairement voté Kamala Harris, voyaient en celle-ci une bouffée d’air frais. 

Les partisans de Trump étaient eux soulagés et euphoriques. Nick Fuentes, fervant supporter du candidat et masculiniste assumé, a juste après les résultats lacé un live en narguant les femmes, à base de : 

“Your body my choice” 

Soit : votre corps mon choix (en opposition au mouvement féministe “My body my choice: mon corps mon choix), ou bien “hey bitches, we control your Body” : Hey les salopes, nous contrôlons vos corps. L’ISD a enregistré, le lendemain des résultats, une augmentation de 4 600 % des mentions des phrases « Your body, my choice » et « Get back in the kitchen » : retourne à la cuisine : sur X.

Il est aussi important de rappeler les nombreuses accusations d’agression sexuelle qu’aurait commis Donald Trump, ses propos problématiques tels When you’re a star, they let you do it. You can do anything. Grab ’em by the pussy. You can do anything” : Lorsque tu es une star, ils te laissent le faire. Tu peux tout faire. Prends les par le sexe. Tu peux tout faire. Donald Trump a l’air d’avoir du mal avec la notion de consentement lorsqu’il se présente comme “protecteur” en affirmant : whether the women like it or not, I’m going to protect them” : je vais les protéger que cela plaise ou non aux femmes. L’intention était là, mais non la forme. Quant à son colistier, le vice-président élu J.D. Vance, il s’est quant à lui illustré lors de meeting par sa critique acerbe des « childless cat ladies » : femmes à chats sans enfant.

Au-delà des mots, l’influence qu’ont ces hommes sur la population est conséquente, et il n’est pas à exclure que ces idées et propos soient repris et exacerbés. 

Un mépris 

Les femmes ne sont pas la seule préoccupation de l’administration de Donald Trump. La communauté LGBTQIA+ est dans le viseur du milliardaire. Il est inscrit dans son programme qu’il souhaite annuler les subventions de l’Etat pour l’aide à la transition de genre. La fille d’Elon Musk a annoncé quitter le pays suite aux résultats. Vivian Jenna Wilson est une jeune femme transgenre, qui déclare ne pas pouvoir vivre aux États-Unis dans ces conditions. Son père, l’homme le plus riche du monde, ami et futur ministre de Donald Trump a déclaré « Mon fils est mort, tué par le virus de la culture woke ». La future administration de Trump ne présage rien de bon pour ces libertés, puisque la plupart des hommes nommés ont la même idéologie que ces deux milliardaires.

86% des personnes issues de cette communauté ont voté pour la candidate démocrate Kamala Harris, contre 14% pour Donald Trump selon NBC News. La protection de leurs droits est mise en danger, de par l’homophobie et la transphobie omniprésente qui règne au sein des esprits conservateurs. Donald Trump a aussi largement propagé des fake news transphobes en prétendant que « votre enfant va à l’école et rentre à la maison quelques jours plus tard avec une opération » ou” Nous allons faire sortir la folie transgenre de nos écoles, et nous allons empêcher les hommes de pratiquer les sports féminins », 

L’année qui a suivi la première élection de Donald Trump, 2017, a été la plus meurtrière pour la communauté, avec un total de 52 victimes, des violences liées à la libération d’un discours violent.

Malgré tout, une femme transgenre et démocrate a été élue au Congrès américain, Sarah McBride. Un débat futile s’est installé au sein du pays : peut-elle avoir accès aux toilettes des femmes ? Nancy Mace, élue républicaine, est à l’encontre de cette idée, et elle le fait comprendre en qualifiant la transidentité de “maladie mentale” et en lui bloquant l’accès aux toilettes en ajoutant “biological” au-dessus du panneau toilettes pour femmes.

Déjà 531 projets de lois contre les personnes LGBT+ ont été initiés depuis début 2024, selon l’Union américaine pour les libertés civiles. Mais ces mesures devraient pour la plupart être contestées devant la justice, et vont certainement être annulées. 

La future administration de Trump ne présage rien de bon pour les femmes et la communauté LGBTQIA+. Les propos et les lois rappellent que rien n’est acquis. À l’heure où les femmes Afghanes ne peuvent plus sortir ou communiquer entre elles, les États-Unis, première puissance mondiale donnent un exemple peu réconfortant.

 

Crédits photo : @therealdonaldtrump – Instagram

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