Flambée épidémique en Europe, à quoi s’attendre ?

Flambée épidémique en Europe, à quoi s’attendre ?

Voilà plusieurs semaines que l’Europe traverse la cinquième vague de COVID-19. Plus sévère que les autres, et faisant entrer en jeu le variant Omicron, l’Europe se ferme un peu plus alors que tout semblait s’améliorer. Point sur la situation.

En métropole, tout pour éviter un reconfinement

Fermeture des boîtes de nuit pour quatre semaines, interdiction de danser dans les bars et restaurants, rappel vaccinal obligatoire pour conserver un pass sanitaire valide, voilà quelques-unes des mesures annoncées récemment par le gouvernement pour éviter à tout prix le scénario catastrophe d’un nouveau confinement.

Pour autant, la situation se stabilise ces derniers jours, le ministre de la Santé, Olivier Véran, reste tout de même prudent :  « La cinquième vague atteint un niveau très élevé mais sa dynamique faiblit : nous pourrions atteindre son pic », a-t-il tweeté.

Bien qu’une majorité de cas du nouveau variant ne soit probablement pas encore recensés à l’heure actuelle, on en dénombre officiellement que 59 en métropole.

 

L’Europe se replie face au nouveau variant

Alors que le monde semblait s’ouvrir à nouveau, cette cinquième vague de la pandémie, plus forte encore, notamment avec l’arrivée du variant Omicron, fait à nouveau trembler les gouvernements, notamment en Europe où le variant Delta mettait déjà à mal les hôpitaux.

La situation épidémique est classée « très inquiétante » dans dix pays européens, et « inquiétante » dans dix autres selon l’ECDC (Centre Européen de prévention et contrôle des maladies). “La situation épidémiologique dans l’UE est actuellement caractérisée par une hausse rapide et importante des cas et un taux de mortalité faible mais en lente hausse”, déclare-t-il dans une récente évaluation.

L’état pandémique préoccupe dans plusieurs pays parmi lesquels le Royaume-Uni, le Danemark ou la Pologne.
Alors que le nombre de positifs au variant Omicron double environ tous les deux jours selon les autorités britanniques, portant ce chiffre à 3 137 dimanche, un record mondial, le premier décès dû au variant a été recensé lundi.
Si le Danemark présente l’avantage de détecter efficacement les variants, cela n’empêche pas leur taux de propagation : 2 471 cas recensés avec ses propres tests PCR, un chiffre qui reste a nuancé puisque l’ECDC n’en reconnaît que 195.
Deux pays qui ont annoncé une accélération de leurs campagnes vaccinales, ou, dans le cas de Copenhague, la réduction des délais entre les doses.

Réinstauration des restrictions, rappel voire obligation vaccinale… Quelles attitudes adoptent les gouvernement face une pandémie aussi difficile à endiguer qu’à prévoir ?

Certains font le pari de nouveaux confinements et restrictions. C’est le cas de l’Autriche qui a reconfiné sa population avant de le laisser en vigueur uniquement pour les non-vaccinés. Une mesure qui n’a pas laissé indifférents les autrichiens : 40 000 personnes sont descendues dans la rue pour contester ces annonces.
En Espagne aussi, là où les manifestations se font plutôt rares, ce ne sont pas moins de 1 000 personnes qui ont manifesté le week-end dernier à Barcelone, suite à l’instauration du pass sanitaire en Catalogne.

À l’approche des fêtes de fin d’année, les restrictions ont quelques effets positifs puisque le nombre de nouveaux cas quotidiens diminue depuis quelques jours en Allemagne, en Autriche ou encore en Belgique.

© « Les Échos » / ECDC, Ministère de la Santé Britannique

Les données préliminaires quant au variant Omicron font, certes, état d’une dangerosité relativement rassurante. Cependant, la vitesse de propagation du variant est nettement plus rapide que le variant Delta, une propagation qui inquiète, surtout en Europe.

Le variant qui est apparu, il y a déjà quelques semaines en Afrique du Sud est, en effet, majoritaire en Europe, avec plus de 1 686 cas confirmés lundi dernier, alors que ce chiffre s’élevait à seulement 212 il y a une semaine selon l’ECDC.

 

À quoi doit-on s’attendre ?

Alors que les populations commencent à éprouver une certaine lassitude à l’égard de la pandémie, qui dure depuis deux ans déjà, le vaccin continue d’être la seule solution envisagée (et vraisemblablement envisageable) pour endiguer le coronavirus. Mais pour contenir cette nouvelle vague, rendre la vaccination obligatoire, une mesure de dernier recourt pour l’Organisation Mondiale de la Santé, à l’échelle européenne semble difficilement possible à l’heure actuelle.

L’Europe, qui alterne entre assouplissement et durcissement des restrictions, commence tout juste à évoquer la question. Pourtant, certains pays ont déjà sauté le pas sans plus attendre. Et si la situation inquiète dans plusieurs pays, de fortes disparités statistiques restent à noter.

En Allemagne, pays réputé pour sa grande marge de liberté en termes de vaccination, puisque seul le vaccin contre la rougeole est obligatoire dans le pays, et ce, depuis mars 2020, le nouveau chancelier, Olaf Scholz, n’a pas tergiversé longtemps et se dit pour une vaccination obligatoire à compter de février 2022. Une décision politiquement risquée pour lui, d’autant plus qu’il ne veut pas passer en force.

Chez quelqu’uns de ses voisins aussi, tels que l’Autriche ou la Grèce, l’obligation vaccinale pour tout ou partie de leur population est actuellement étudiée. Chez les grecs, cette obligation n’est même plus une option : les personnes âgées de plus de 60 ans, qui représentent 9 décès sur 10, devront être vaccinées sous peine d’une amende administrative de 100€ par mois.

En Pologne, l’évolution épidémique est préoccupante. Du fait de la présence d’une importante fraction antivax au sein de la majorité conservatrice du PiS (Droit & Justice), la question de la vaccination est un sujet à éviter. Mais face à la situation critique dans le pays, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de revoir sa position, et a ainsi annoncé, le 6 décembre dernier, une obligation vaccinale pour les professions médicales, enseignantes, l’armée et la police à compter du 1er mars prochain. Une décision très tardive que l’opposition trouve loin d’être suffisante.

La présidente de la Commision européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, le 1er décembre, qu’il était « raisonnable et approprié » d’amorcer une discussion entre les États de l’Union Européenne. Alors que 66% des européens sont vaccinés, un clivage est tout de même présent entre les pays et une vaccination obligatoire à l’échelle européenne semble, de par sa complexité, difficilement envisageable.

Cependant, des mesures seront à prendre : l’Organisation Mondiale de la Santé redoute 700 000 décès en plus en Europe, d’ici le printemps.

 

© Paulo Amorim/Sipa USA via Reuter

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Célia Ory

Étudiante en deuxième année d’information & communication, passionnée d’actualité et de culture, intéressée par le monde & les gens, je souhaite rejoindre la grande famille des journalistes.