La Japanimation a-t-elle du bon ?

La Japanimation a-t-elle du bon ?

L’animation japonaise prend petit à petit une place importante dans la culture française, mais a-t-elle toujours été unanime ?

L’animation japonaise est arrivée assez tardivement en France, la première fois en 1962 avec la sortie en salle du court métrage La légende de madame Pei Nang, puis en 1972 avec Le Roi Léo, d’Osamu Tesuka. Mais on peut dire qu’elle est vraiment entrée dans la culture française avec l’arrivée de Goldorak à la télévision dans les années 80. Depuis, elle est solidement ancrée dans notre culture. Seulement cela ne fut pas sans peine.

La vague anti-japanimation, le temps des polémiques

Dans les années 90 il y eut une grosse polémique anti-japanimation. Les dessins animés japonais sont alors jugés inadaptés pour le jeune public. Quand l’animation japonaise est apparue en France, elle a mal été interprétée par les français et a été jugée beaucoup trop vite. On s’est alors retrouvé face à des dessins animés diffusés par le club Dorothée sur TF1 mais qui n’étaient pas dédiés à un jeune public. Brigitte Lecordier, célèbre voix française de Sangoku (personnage de Dragon Ball Z) l’explique bien lors d’une interview au festival Animasia 2017 : « A l’époque le dessin animé en France ne s’adressait qu’aux enfants et aucun adulte ayant acheté ces dessins animés n’a pensé une minute qu’il y a un pays à l’autre bout du monde qui fait des dessins animés pour les adultes. »

Une première polémique toucha la série Ken le Survivant, à cause de ses scènes sanglantes s’adressant à un public averti. Puis le CSA intervient au sujet de Muscleman, série japonaise représentant un symbole jugé nazi. Ensuite Dragon Ball est sanctionné à son tour après des épisodes jugés violents et sadiques. Les polémiques prennent alors de l’ampleur et les parents se révoltent contre cette pollution télévisuelle. Le club Dorothée devient alors un bouc émissaire, et est jugé responsable de l’avilissement de la jeunesse française.

L’animation renait de ses cendres

Malgré ce passage de leur histoire quelque peu compliquée, les animés s’imposent dans l’audiovisuel français, en dépit d’une vive critique de cette nouvelle culture de la part de la presse française. A partir de 1998, on assiste à leur renaissance grâce au succès de certaines séries qui restent encore culte aujourd’hui comme Pokémon, ou encore l’arrivée de productions plus importantes au cinéma telles que Princesse Mononoké, du célèbre réalisateur et scénariste Hayao Miyazaki du studio d’animation Ghibli, ou encore Your Name plus récemment, réalisé par Makoto Shinkai.

Aujourd’hui, l’animation japonaise possède un succès fou, et la France est actuellement le deuxième pays consommateur au monde. Avec l’arrivée toujours plus nombreuses de nouvelles séries comme l’Attaque des Titans, d’Hajime Isayama, l’un des plus gros succès de ces dernières années et diffusé en seconde partie de soirée sur France 4, on peut dire que l’animation japonaise a su se démarquer et s’intégrer à la culture française malgré un départ quelque peu mitigé.

Justine Dehaese

Crédits photo : OtakuArt/Eurozoom/Studios Ghibli

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