Sarah Thomas : la femme qui a bravé 4 fois la Manche et un cancer du sein

Son nom ne vous dit certainement rien et pourtant cette Américaine de 37 ans, survivante d’un cancer du sein, vient d’établir un nouveau record : celui de traverser 4 fois la Manche à la nage. Oui pas une, pas deux, pas trois mais quatre fois. Rien que ça. Le tout sans escale.

Une femme des mers

Sarah Thomas est ce que l’on peut appeler « une enfant de la mer ». Depuis sa plus tendre enfance, elle a fait de l’eau son habitat naturel. Elle peut passer des journées entières à faire des longueurs dans une piscine. Mais elle préfère nager en eau libre, dans les lacs ou dans la mer. Son entrainement favori : la natation d’endurance. Le plus important pour elle, c’est le nombre de kilomètres parcourus. Elle commence donc par des distances allant de 10 à 80 kilomètres (ce qui est déjà impressionnant) mais en 2017, elle va encore plus loin en traversant le lac Champlain, lac de 180 kms (seulement…).

Seulement, peu de temps après, on lui diagnostique un cancer du sein. Cela va évidemment mettre un frein à ses aspirations et surtout à son rêve d’enfant qui est celui de traverser la Manche à la nage. Mais Sarah n’abandonne pas pour autant.

Un record à couper le souffle

54h heures. 4 traversées. 210 kilomètres. Cette femme de 37 ans a réalisé l’insurmontable. Le 17 septembre dernier, Sarah Thomas, en rémission de son cancer du sein, a traversé 4 fois la Manche à la nage. Elle est en effet la première personne à traverser 4 fois d’affilée la mer qui sépare la France et l’Angleterre. L’Américaine avait d’abord pour objectif de nager 134 kilomètres. Au final, à cause des courants qui l’ont déviée et empêchée de suivre le parcours prévu, elle en a traversés 80 de plus.

Victime d’un cancer du sein en 2017, il ne faut pas oublier qu’elle va subir, pendant 9 mois, de nombreuses séances de radiothérapie, de chimiothérapie et autres procédures chirurgicales lourdes. Mais ce qui lui fait tenir le coup, c’est la natation. En effet, elle continue de nager pour penser à autres choses, pour s’évader de tous ces rendez-vous médicaux qui n’en finissent jamais mais surtout elle garde en tête son rêve de toujours : celui de traverser la Manche le plus de fois possibles sans s’arrêter. Quand le médecin lui annonce qu’elle est en rémission, elle n’a qu’une pensée : celui de réaliser son rêve. Après un an d’entrainements intensifs en piscine puis en mer, elle obtient l’accord médical pour enfin vivre ce qu’elle attendait depuis si longtemps. Elle est donc partie de la plage de Douvres, à la pointe de l’Angleterre, dans la nuit du 14 septembre pour accomplir son rêve de petite fille.

Seule une petite équipe composée de ses proches était à ses côtés sur un bateau pour lui apporter le ravitaillement nécessaire à ses efforts. Les ravitaillements lui étaient donnés grâce à une bouteille, contenant des boissons énergisantes entre autre, qui était accrochée à une corde pour que l’Américaine puisse la récupérer sans trop de difficulté.

C’est environ 54 heures plus tard, le mardi 17 septembre vers 6h30 du matin, après deux allers-retours entre Douvres (Angleterre) et le Cap Gris-Nez (Pas-de-Calais, France) que Sarah Thomas sort son corps de l’eau. Couverte de sel de mer, son visage et son corps sont méconnaissables (plutôt logique après avoir passé plus de 54h dans l’eau de mer).

Des conditions compliquées mais une détermination à toute épreuve

Vent, gorge piquée par le sel, fatigue, froid, vagues. Autant d’éléments qui font de cette traversée une véritable épreuve. En plus de la distance parcourue qui semble incroyable, les conditions ne l’ont pas aidée. Elle est restée deux jours sans dormir dans une mer qui ne dépassait pas les 15ºC. Mais rien ne semble arrêter Sarah Thomas. En effet, à la fin de cette longue nage, elle a même confié s’être faite piquer au visage par une méduse. Elle a quand même continué de nager, sans que cela ne vienne beaucoup la perturber, sans que cela ne vienne entacher l’exploit qu’elle était entrain de réaliser.

Quand elle est arrivée sur la plage de Douvres, elle s’est écroulée, victime de vomissements, après une dernière traversée plus que difficile, selon elle, interminable. Elle a aussi confié aux journalistes présents à l’arrivée que l’envie d’abandonner lui avait traversé l’esprit à plusieurs reprises. Mais c’était sans compter sa détermination pour réaliser quelque chose de grand, d’incroyable, d’exceptionnel.

Au delà de l’exploit sportif

Bien que cette prouesse sportive ait marqué l’histoire de la natation en eau vive, c’est avant tout une belle histoire. C’est un véritable message d’espoir et d’abnégation que nous offre Sarah Thomas. En effet, elle dédie cette nage à toutes les femmes dans son cas, à toutes les personnes qui ont souffert ou qui souffrent encore d’un cancer. Son objectif, hormis l’envie d’un record sportif, était de montrer à toutes ces femmes et plus largement à tout le monde, qu’il était possible de d’accomplir ses rêves même en étant malade. Sarah Thomas est une véritable héroïne qui marque les esprit par sa force de caractère. Cette « marathonienne de la nage » prouve que la maladie ne doit pas être un obstacle et que la vie continue après la guérison. Quel beau message…

 

Julie Frassint

 

Crédits photos : euronews.com / francebleu.fr 

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