Pop’Letter #19 – Esprit maléfique, chronique judicaire et intimidation scolaire, le récapitulatif de la semaine du Poulpe !

Pop’Letter #19 – Esprit maléfique, chronique judicaire et intimidation scolaire, le récapitulatif de la semaine du Poulpe !

Bonjour à tous !

Cette semaine, on fait un tour au tribunal, on se penche sur le combo racisme et misogynie avant de parler politique, avec nos portraits de candidats aux présidentielles en trois questions. Avant cela, on vous propose de faire un petit détour au Japon, terre de légendes, pour vous narrer l’histoire d’un renard à neuf queues échappé de sa prison…

Un esprit japonais maléfique en liberté

5 mars 2022, lande de Nasu, au Japon. Les habitants aux alentours découvrent avec effroi l’événement du jour : le Sessho-seki, la « pierre tueuse », s’est brisé en deux. Depuis un millénaire, elle retenait l’âme d’un renard à neuf queues, un esprit maléfique répondait au nom de Tamamo-no-Mae.

© @LILY0727K, TWITTER

La légende du Sessho-seki remonte à un bon millénaire. On raconte que Tamamo-no-Mae était la plus belle et la plus intelligente femme du Japon. Ses qualités lui firent obtenir les faveurs de l’empereur retiré, Toba no In, qui l’invita à la cour impériale. S’il n’était plus l’empereur – une place tenue par son fils après son départ à la retraite –, il avait toujours du pouvoir dans les décisions gouvernementales.
Par ailleurs, le surnom de la jeune femme lui avait été donné par Toba no In lors d’une nuit d’orage. Lorsqu’une rafale de vent souffla toutes les bougies de la pièce, son corps se mit à luire dans la nuit noire. Si les ministres et les gardes s’enfuirent, effrayés, l’empereur retiré n’en fut que plus émerveillé, et la surnomma alors Tamamo-no-Mae, « la demoiselle Joyau lumineux ».

Quelques temps après cet événement, l’homme et son fils, l’empereur actuel, tombèrent malades. Les prêtes et les devins ne trouvèrent aucune explication à ce mal. L’astrologue et exorciste de la cour déclara alors que cette maladie était due à Tamamo-no-Mae, et révéla qu’elle était en réalité un renard à neuf queues, métamorphosé en jeune femme – si les renards sont considérés comme des créatures bienveillantes dans la culture japonaise, ceux qui possèdent neufs queues sont maléfiques. Elle se serait approchée de l’empereur sous les ordres d’un noble qui convoitait le trône. Mais l’empereur retiré, sous le charme de la demoiselle, ne le crut pas.

Voulant sauver son maître, l’astrologue décida alors de tenir une cérémonie à la cour impériale, prétextant honorer une des divinités de l’au-delà. Lors de cet événement, Tamamo-no-Mae se sentit mal à l’entente des incantations récités par l’astrologue. De plus en plus affectée, elle finit par révéler sa vraie nature, sa forme de renard à neuf queues, avant de s’enfuir de la cour.

L’empereur ordonna alors à ses guerriers les plus puissants de la poursuivre, ce qu’ils firent pendant plusieurs jours. Lorsqu’ils la retrouvèrent, un matin à l’aube sur la lande de Nasu, ils la tuèrent d’une flèche. Le corps du renard devint alors le Sessho-seki, la « pierre tueuse », et son âme se mit à hanter la pierre. Pour empêcher l’esprit de s’évader de sa prison, une corde y fut alors entourée. Depuis, on raconte que quiconque entre en contact avec la pierre est tué sur le coup.

Dans certaines versions de cette légende, on dit que, bien des années plus tard, un prêtre bouddhiste se reposa près de la pierre et fut menacé par l’esprit. Il exécuta alors quelques rituels pour calmer Tamamo-no-Mae, qui s’apaisa et lui promis de ne plus hanter la pierre. Malgré cela, la croyance autour du Sessho-seki est toujours aussi forte des années après, et de nombreux japonais pensent que l’esprit du renard hante encore la pierre.

C’est pourquoi, même si les scientifiques expliquent que l’érosion naturelle est à l’origine de la cassure de la pierre, nombreux sont ceux qui pensent que l’esprit maléfique a réussi à sortir de sa prison et s’apprête à déclencher sa vengeance après un millénaire d’enfermement. Certains pourraient presque y trouver un lien avec le séisme de magnitude 7 qui a touché le Japon onze jours plus tard…

Dans la semaine…

Lundi

Pop-Up vous propose de découvrir une chronique judiciaire en passant un après-midi au tribunal correctionnel de Bordeaux. Retrouvez le compte-rendu d’audience du 8 mars sur notre site.

Mardi

Le poulpe s’accorde une petite pause pour mieux revenir en force ! Profitez-en pour découvrir les rattrapages du jour !

Mercredi

De l’agression d’un militant indépendantiste corse en prison à une autonomie évoquée par le gouvernement pour l’île de beauté, Pop-Up revient sur les enjeux des manifestations en Corse en quatre points.

Jeudi

« La misogynie et le racisme, c’est un combo dangereux. » Entre harcèlement, fétichisation et manque de représentation, le poulpe revient sur les difficultés quotidiennes des femmes de couleur à travers de nombreux témoignages. Un article à lire sur notre site.

Vendredi

On se retrouve à nouveau pour les présidentielles avec nos portraits en trois questions. Découvrez le parcours et le programme de Jean Lassalle, candidat du parti « Résistons ! », juste ici.

Samedi

C’est au tour de Marine Le Pen de se faire tirer le portrait par le poulpe. Candidate aux présidentielles pour la troisième fois sous la bannière du Rassemblement National, retrouvez son parcours et les grandes lignes de son programme en trois questions sur notre site.

Dimanche

C’est le jour du Dico’Pop ! Au programme : dénonciation au journal télévisé, envolée des prix du carburant et censure d’Instagram. Comme d’habitude, c’est à retrouver par ici !

Un coup de nos 3 cœurs

Cette semaine, on parle séries pour le coup de nos trois cœurs ! Direction la Jordanie avec AlRawabi School for Girls, une mini-série de six épisodes réalisée par la jordanienne Tima Shomali, produite par Filmizion Productions pour Netflix.

Tournée en arabe, il s’agit seulement de la deuxième série originale jordanienne de Netflix après Jinn, une série drame/fantastique de cinq épisodes, s’articulant autour de la légende du jinn ou djinn, un esprit de la mythologie arabique et islamique capables de possession et d’influence mentale.

La série se déroule dans l’école AlRawabi, un établissement d’élite dédié à l’éducation des filles. On y suit Mariam, victime d’intimidation de la part de Layan, Rania et Ruqayya, le trio influent de l’école, qui parvient même à entrainer toute l’école dans leur sillage. Nous parlons bien ici d’intimidation et non de harcèlement, la réalisatrice expliquant dans une interview vouloir parler de ce sujet, existant depuis longtemps : « À notre époque, ce terme n’était pas utilisé, nous ne savions pas ce que l’intimidation signifiait, mais nous l’avons vécu sans savoir ce que c’était ».

Lorsque Myriam subit une violente agression et manque d’y laisser la vie, elle décide de se venger avec la complicité de deux autres victimes. La série suit alors leur vengeance, les résultats de leurs actes et les doutes qui viennent parfois envahir leurs pensées : se venger n’est-ce pas finalement devenir agresseur à son tour ? La violence ne serait donc qu’un cercle sans fin ?

Au fil des épisodes, AlRawabi School for met également l’accent sur la place des femmes en Jordanie, et se termine en abordant un sujet encore trop mis à l’écart dans la sphère culturelle et médiatique : les crimes d’honneur, commis par la famille contre les femmes « ayant fait honte » à cette dernière. Flirt, infidélité, relations sexuelles avant le mariage et même subissement d’un viol sont des raisons pour lesquelles les femmes peuvent risquer leur vie. Diana Shalabi, directrice du bureau des plaintes à la Commission nationale jordanienne pour les femmes, a déclaré qu’il y avait dans son pays « environ 12 cas de crimes d’honneur chaque année », mais que de nombreux crimes d’honneur n’étaient pas considérés en tant que tels, faussant ainsi les chiffres.

Bonne semaine avec Pop-Up ! 🐙

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Marine Certain

Étudiante en Information Communication, curieuse de tout, avec une volonté de faire du journalisme mon métier.