L’affaire Pelicot et le procès de Le Scouarnec sont deux affaires très médiatisées en France. Elles dévoilent des aspects troublants des dynamiques de pouvoir et de manipulation dans des cadres nouveaux et s’inscrivent dans la continuité de la lutte contre les violences sexuelles. Petit récapitulatif sur l’histoire de cette lutte :
L’un des premiers grands événements marquants dans la conversation autour de la sexualité et le rapport au corps se produit durant le procès de Bobigny, en 1972. Gisèle Halimi défend sa cliente qui a avorté de manière illégale. Ce procès a provoqué une réaction en chaîne qui débouche en 1975 sur la loi Veil. À travers cette loi, ce sont des droits que les femmes ont acquis, mais elle a également ouvert la voie à un débat public plus large sur la sexualité et le contrôle des femmes sur leur propre corps.
Lorsque le #metoo, lancé en 2006 par la militante Tarana Burke, éclate en 2017, l’actrice Alyssa Milano tweet : « Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez ‘me too’ en réponse à ce tweet ». Ce geste déclenche une vague de libération de la parole, illustrant l’ampleur des violences sexuelles subies par de nombreuses personnes et la nécessité de les dénoncer.
« Désormais, on se lève et on se barre »
En France, le phénomène résonne. Un nouvel hashtag apparait à son tour sur le twitter (aujourd’hui appelé X) français : #balancetonporc. C’est aussi en 2017 qu’il apparaît, et celle qui l’utilise en première est Sandra Muller. Cette journaliste invite sur le réseau social les personnes à dénoncer les harceleurs sexuels qu’elles connaissent dans le cadre de leur travail. Ce geste apporte au mouvement de dénonciation des agressions sexuelles une nouvelle dimension, en soulignant le rôle de l’autorité dans les relations de pouvoir et de sexe.
Cet élan se poursuit dans le monde du cinéma, où il prend une ampleur particulière. Lors de la cérémonie des César, en 2020, Polanski alors accusé d’agression sexuelle est primé. Adèle Haenel et Céline Sciamma se lèvent alors et quittent la salle. “Désormais, on se lève et on se barre” écrit Virginie Despentes dans la tribune de Libération. Cette phrase retentit comme une invitation à ne plus rester inactive et inactif, mais à se mettre en mouvement, et ne plus laisser les violences sexuelles comme un fait divers.
“La honte, ce n’est pas à nous de l’avoir, c’est à eux.”
En 2024, le procès contre Dominique Pelicot s’ouvre. L’homme est accusé d’avoir drogué, violé et d’avoir fait violer sa femme. Ce procès nous ouvre les yeux sur une vérité que les chiffres traduisent difficilement : l’agresseur est souvent un proche. “La honte, ce n’est pas à nous de l’avoir, c’est à eux”, déclare Gisèle Pelicot, la victime. Cette affaire amène aussi la soumission chimique dans le débat public, et amène des personnes à prendre un peu plus conscience de ce qu’est le consentement.
Pour rappel, un oui, pour qu’il le soit, doit être donné par une personne qui a pleinement conscience de ce qu’il veut dire ce oui. Si la personne est alcoolisée, droguée, inconsciente, un oui n’a aucune valeur.
Le cas de Joël Le Scouarnec, affaire récente dont le procès a débuté le 24 février 2025, prolonge ces nouvelles réflexions. Les violences ont été commises par un soignant, une personne dont on ne se méfie pas. Ces actes ont concerné environ 300 victimes. Nous retrouvons à la fois la thématique de la violence faite par une personne de confiance, et celle de la soumission chimique puisque certaines victimes étaient sous anesthésies lors des agressions.
Les pénalités encourues dans le procès Pelicot, la réaction autour de l’affaire Le Scouarnec montrent que les mentalités ont évolué. Le monde est un peu plus éclairé et attentif sur ces questions de violences sexuelles
Des numéros existent pour tout style d’agression, de harcèlement. Témoin ou victime, vous pouvez appeler. Il est important de rappeler que l’université Bordeaux-Montaigne met en place une cellule d’écoute pour quiconque en a besoin.

Lola Dutouquet
Crédits photos : Lynn Friedman via flickr.com et campagne de prévention du gouvernement
L1 Histoire de l’art, mais veut faire du journalisme, pourquoi pas on dirait 🙂 Je suis fan de comédie musicale, y a moyen que je fasse un sujet là-dessus. Bref, je pense que vous avez compris, j’écrirai plutôt des sujets culturels (ironique parce que mon premier article est un article de sport, chose qu’à la base je ne suis ABSOLUMENT PAS). Donc bienvenue dans mon antre, j’espère que mon univers vous plaira :))