Mirror : une marque de vêtements émergente

Mirror : une marque de vêtements émergente

Au cœur de Bordeaux, une marque de vêtements bouscule les codes en mêlant streetwear et élégance. Déjà adoptée par de nombreux Bordelais, elle va bien au-delà du simple vêtement en proposant des créations qui allient design innovant et technologies inédites. Il y a sept ans, une chemise introuvable sur Internet donnait naissance à une idée. Aujourd’hui, Esteban Moreno développe Mirror Origine, une marque de vêtements où chaque collection raconte une partie de son histoire. Entre souvenirs personnels, création en famille et défilés, le jeune créateur construit un univers à son image, dans lequel le vêtement devient le prolongement de sa vie.

D’une chemise à une marque

Tout a commencé il y a sept ans, à Noël. Esteban MORENO cherche une chemise noire et blanche, mais ne trouve pas le modèle qu’il imagine.

« Je cherchais une chemise noire, avec un côté noir et un côté blanc, mais on n’en trouvait pas sur Internet. J’ai dit qu’à Noël, je sortirai ma propre chemise. Avec mon cousin Arnaud, on s’est dit : pourquoi pas la créer nous-mêmes ? »

Au départ, l’idée reste assez spontanée. Puis les vêtements et les shootings se multiplient, et le projet prend progressivement de l’ampleur.

« À force de faire des vêtements et des shootings, j’ai découvert ce qui me plaisait vraiment. Le projet s’est développé tout seul. »

Aujourd’hui, Mirror Origine repose notamment sur des collections inspirées de différentes périodes de sa vie. Pour Esteban, le vêtement est aussi un moyen de raconter une histoire et de garder une trace de certains moments.

« La marque, ce n’est pas seulement créer, c’est aussi partager des moments de vie. […] Un vêtement a toujours un sens derrière lui, il raconte quelque chose de ma vie. »

Une partie importante du travail de création se fait également en famille. Sa mère participe notamment à la conception des designs.

« Environ 90 % des designs viennent de ma mère. Elle respecte ce que je lui demande et arrive à retranscrire les émotions que je veux transmettre. »

Créer à son rythme

Contrairement à certaines marques qui cherchent à multiplier les collections, Esteban explique ne pas vouloir produire systématiquement.

« Je n’ai pas vraiment d’objectif clair. J’aime bien me laisser guider par mon imagination. Il m’est arrivé de ne rien sortir pendant un an, quand l’envie ou l’inspiration n’étaient pas là. »

Cette façon de travailler implique donc un rythme variable. Après le dernier défilé, le créateur explique notamment avoir ressenti le besoin de prendre du recul.

« J’ai besoin de repos après le défilé. Ça laisse un petit vide nostalgique en moi. Mais l’histoire de ma marque n’est jamais vraiment finie. »

Derrière cette liberté créative, il existe toutefois une réalité moins visible : développer une marque prend du temps. Sept années se sont écoulées entre la première idée et le projet actuel. Les collections, les productions et les événements nécessitent également des ressources humaines et financières.

Du temps, des investissements et des imprévus

Organiser un défilé ou produire une collection ne repose pas uniquement sur la création. Il faut également financer la production, travailler avec différents professionnels et gérer les imprévus.

Dans certains projets entrepreneuriaux, ces investissements peuvent représenter une somme importante. Selon les moyens disponibles, ils peuvent être financés par les revenus de l’activité, par des apports personnels ou par des emprunts. Dans ce dernier cas, l’entrepreneur doit alors rembourser les sommes engagées, avec le risque de rencontrer des difficultés financières si les recettes attendues ne sont pas au rendez-vous.

Pour Esteban, cette dimension fait partie des difficultés auxquelles il faut apprendre à faire face.

« Le premier défi, c’est la gestion du stress. J’ai appris qu’il y a des choses qu’on ne peut pas contrôler : le temps, la météo, un problème sur une production. »

Les événements peuvent notamment être perturbés par des problèmes de dernière minute. Lors de son premier défilé en Suède, la pluie l’a obligé à modifier une partie de l’organisation.

« Il a fallu revoir toute la chorégraphie. Ce sont des imprévus auxquels on doit s’adapter rapidement. »

Le travail repose aussi sur une équipe.

« Un métier comme ça, on ne peut jamais le faire tout seul. Il faut prendre les meilleures personnes dans leur domaine et leur faire confiance. »

Photographes, vidéastes, équipes et lieux participent ainsi à la réalisation des différents projets. Esteban explique se placer davantage dans un rôle de coordination.

Sept ans de construction

Le dernier défilé, consacré au Phénix, représente une étape importante dans l’évolution de Mirror Origine.

« Le défilé de cette année, autour du Phénix, c’est le moment le plus fort. Il y a sept ans, je ne m’imaginais pas faire ça. Je voulais simplement organiser un défilé devant une centaine de personnes. »

Cette évolution montre surtout le temps nécessaire pour construire progressivement un projet. Une première idée peut prendre plusieurs années avant de devenir une marque structurée, avec des collections et des événements.

La collection Anastasis, consacrée au Phénix, résume d’ailleurs une grande partie de ce parcours. Elle fait référence aux différentes périodes vécues par le créateur.

« C’est la collection qui définit le mieux ma vie entière. Elle représente un côté plus profond de moi-même, celui qui a vécu énormément de bas, mais qui a toujours réussi à se relever. »

Esteban précise également que cette collection lui a demandé davantage de temps que les précédentes.

« Chaque moment m’a fait grandir et m’a rendu plus ambitieux. Cette collection m’a pris le plus de temps et c’est celle qui me rend le plus fier. »

Une aventure encore en construction

Aujourd’hui, Mirror Origine continue d’évoluer à travers ses collections, ses réseaux sociaux, ses points de vente et son site internet. Mais le parcours présenté par Esteban ne se résume pas aux vêtements.

Il montre aussi qu’une marque peut se construire progressivement, sur plusieurs années, avec des périodes de création mais aussi des pauses, des investissements, des imprévus et parfois des risques financiers.

À ceux qui souhaitent se lancer, Esteban insiste d’ailleurs sur l’importance de trouver du sens dans son projet.

« Je dirais de ne pas faire ça pour l’argent, mais par passion. Il faut monter un projet qu’on aime, dans lequel il y a du sens. »

Son parcours ne garantit évidemment pas qu’un projet entrepreneurial connaîtra le même développement. Il montre simplement qu’entre une idée et une marque installée, le chemin peut être long et nécessiter de la persévérance, des ressources et une capacité d’adaptation.

Sept ans après cette première chemise imaginée avec son cousin, Mirror Origine poursuit donc son histoire. Et comme le résume Esteban :

« L’histoire de ma marque n’est jamais vraiment finie. »

 

Enoha MORENO

Crédits photos : Mirror Origine

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