Après le succès du semi-marathon de Buenos Aires en août dernier, la ville reprend des couleurs sportives avec le marathon. Quelques célébrités s’engagent sur le parcours tel que Bethwel Kibet Chumba, il était arrivé en 2 heures, 4 minutes et 37 secondes au marathon d’Amsterdam en 2023.
Dimanche 20 septembre 2026, les rues sont vides si ce n’est quelques voitures et promenades canines matinales. Au départ, à 7 heures, le soleil n’éclaire pas encore les rues et des orages sont prévus dans la journée.
Le marathon de Buenos Aires est un des plus plats au monde. Le site officiel affirme être la course la plus rapide d’Amérique Latine. Près de 64 nationalités sont réunies sur la ligne de départ avec l’ambition de battre des records. Le 23 août dernier, c’est lors du semi-marathon et grâce à un parcours très rapide que l’Ethiopien Yomif Kejelcha a battu le record du monde en finissant 21,0975 km en 56 minutes et 51 secondes. Il s’agit du premier homme à passer sous les 57 minutes sur cette distance.
Courir pour visiter
Le circuit du marathon passe par les lieux emblématiques de la ville. Le départ et l’arrivée se trouvent au centre du parcours. Les premiers kilomètres commencent vers le nord de la ville en direction du quartier chinois. Les coureurs passent devant l’Espace Mémoire et Droits Humains (anciennement ESMA), un lieu de détention durant la dictature argentine où près de 5 000 opposants à la junte militaire argentine ont disparu.
Au bout de la rue República Árabe Siria, on aperçoit des coureurs qui arrivent au kilomètre quinze. Ils passent juste à côté de la ligne d’arrivée, alors même que les premiers du marathon ne devraient pas tarder à arriver. Les pas des derniers du marathon se rapprochent de la marche, sur des visages plus détendus. Quelques coureurs marchent également en dehors du parcours, le dossard dans la main en signe d’abandon, alors qu’un avion atterrit juste derrière eux.
Les athlètes traversent le quartier de Palermo, puis de Recoleta, emblématique pour son immense cimetière. Au bout du dix-septième kilomètre, ils arrivent sur l’avenida 9 de julio et observent l’obélisque au loin. Un détour est effectué par les coureurs vers San Telmo puis La Boca. Ces deux quartiers colorés sont un passage obligatoire pour les touristes. Le marathon se rend sur les traces de Lionel Messi et de Diego Maradona avec le stade jaune et bleu Boca Juniors. Puis les coureurs affrontent le mur du marathon (trentième kilomètre) au cœur des gratte-ciels de Buenos Aires. Ils terminent les derniers kilomètres dans le port de la ville.
L’arrivée des premiers athlètes
En se rapprochant du quarantième kilomètres, les supporters se font un peu plus nombreux malgré l’heure matinale. Quelques curieux viennent supporter les premiers. On voit de plus en plus de monde sur les côtés pour les encourager. Tous regardent dans la même direction, vers une rue perpendiculaire où les premiers doivent apparaître. On commence à entendre la musique de la ligne d’arrivée dans l’Avenue du président Figueroa Alcorta, ainsi que les sirènes de police qui annoncent l’arrivée du leader de la course.
Quelques bénévoles sont en train de ramasser les déchets d’un ravitaillement à proximité de la ligne d’arrivée. Armés d’un carton, ils déplacent les gobelets laissés par les coureurs sur le parcours. Certains supporters brandissent des pancartes en papier, sur l’une d’elles est écrit : “si ta tête y croit tes pieds obéiront”.
C’est le favori, avec le dossard numéro 1 qui arrive en tête. Le kényan Bethwel Kibet Chumba arrive à la première place en 2 heures, 8 minutes et 28 secondes. Il est suivi quelques dizaines de mètres plus loin par le rwandais John Hakizimana. Le troisième n’arrive que plus tard. Il est encouragé par des “vamos” et des “dale” (vale argentin), tandis que les bénévoles juste à côté continuent de ramasser les gobelets du ravitaillement. Felix Kiptoo Kirwa complète le podium masculin en 2 heures, 10 minutes et 24 secondes.
Côté féminin c’est Rebecca Kangogo Chesir qui arrive première en 2 heures, 23 minutes et 36 secondes. La première kényane bat le record du circuit. Elle est suivie par la deuxième Rodah Jepkorir Tanui, en 2 heures, 24 minutes et 49 secondes. Emmah Cheruto Ndiwa arrive en 2 heures, 26 minutes et 55 secondes et complète ce podium 100% kényan dans une ambiance de fin d’hiver.
Camille COUILLAUD
© Camille COUILLAUD
Étudiante en information-communication et LLCER espagnol, je souhaite faire du journalisme mon métier. Je suis infiniment curieuse ! Je m’intéresse aux cultures latinoaméricaines mais aussi aux questions d’actualités : web, environnement ou sport tout m’intéresse !