Les Houthis, de la rébellion yéménite à l’acteur international

Les Houthis, de la rébellion yéménite à l’acteur international

Le Moyen-Orient, sujet à de nombreuses hostilités, est la scène de l’ascension du mouvement politico-militaire des Houthis. Le groupe affaiblit le commerce international et s’immisce dans la guerre à Gaza. Retour sur cette montée en puissance d’un acteur peu connu mais devenu incontournable

Le mouvement Ansar Allah se retrouve au cœur des discussions internationales. Le dimanche 11 octobre 2026, les Houthis revendiquent des attaques contre des aéroports et des infrastructures énergétiques saoudiennes. Cet événement s’ajoute au contrôle de l’accès du détroit de Bab-el-Mandeb. Ce groupe politico-militaire affirme son autorité, démontre sa capacité à frapper l’Arabie saoudite et perturbe le commerce international.

 

Qui sont les Houthis ? 

Ansar Allah, soit « partisans de Dieu », est un mouvement politico-militaire né dans les années 1990 à la suite de la réunification du Yémen du Sud et du Nord formant le Yémen actuel.

Le groupe se revendique zaydite, soit une branche minoritaire du chiisme qui ne représenterait que 35 % de la population du Yémen.

Le mouvement est fondé par Hussein al-Houthi en 1990 et s’inspire de l’imamat zaydite disparu en 1962. Selon la BBC, son aspiration première : garantir une plus grande autonomie pour le bastion du Nord.

Suite à l’insurrection du peuple en 2004 puis au Printemps arabe de 2011, le dictateur Ali Abdallah Saleh est chassé du pouvoir. Un nouveau gouvernement reconnu internationalement est mis en place.

Lors de l’insurrection de 2004, le chef du groupe perd la vie. Il est remplacé par son frère, Abdel Malik al-Houthi, actuel leader du mouvement, qui apparaît uniquement à l’écran. Les Houthis prennent la capitale, Sanaa, en 2014 et remplacent le gouvernement mis en place récemment, déclenchant une guerre civile. Abdel Malik al-Houthi ordonne également l’exécution de l’ancien dictateur Saleh en 2017.

Aujourd’hui, le groupe serait composé d’environ 200 000 hommes et contrôle 70 % de la population yéménite, vivant sur seulement 30 % du territoire.

 

Quelle place internationale ? 

Les Houthis font partie de ce qui est nommé « l’Axe de la Résistance » avec le Hezbollah libanais, le Hamas et les milices chiites irakiennes.

Selon l’Occident, le groupe des Houthis bénéficierait de livraisons d’armes par l’Iran, jusqu’à présent, accusations démenties par Téhéran. Le mouvement armé zaydite mène de nombreuses actions contre ses opposants au sein du Moyen-Orient. Ils revendiquent une cinquantaine d’attaques contre Israël depuis 2023 et environ 200 dans le golfe d’Aden au nom de la défense de Gaza. Ces combattants privilégient une stratégie asymétrique constituée de frappes de drones et de missiles bon marché, face auxquels leurs adversaires déploient des intercepteurs très coûteux.

L’oléoduc Est-Ouest saoudien est bloqué par les Houthis. Pour contourner la zone de tensions dans la mer Rouge et le golfe d’Aden, le cap de Bonne-Espérance est utilisé comme route de détournement ce qui rallonge le temps de trajets des transporteurs de 10 à 15 jours. Ainsi, cette prise entraîne la baisse de 12 % du commerce transitant par la zone. Les recettes du canal de Suez pour l’Égypte ont chuté de 50 %.

Quelles répercussions ?    

L’Organisation des Nations unies a rédigé et publié un rapport sur les actions du mouvement militaire. Ce rapport dénonce notamment une politique de violences sexuelles, répression contre les femmes et enrôlement d’enfants dans le mouvement.

De grandes puissances choisissent la manière forte. En 2024, environ 430 frappes de représailles lancées par Israël, les États-Unis et le Royaume Uni ont fait environ 285 morts, dont la plupart étaient des civils. Bien que Donald Trump ait affirmé que la mission avait été un succès, le groupe militaire existe toujours et aucune solution durable n’a été reconnue. En soutien à l’Arabie saoudite, l’Égypte a également déployé des moyens de renseignement et de surveillance navale sans intervention terrestre à ce jour. « Vision 2030 », le plan de transformation économique élaboré par l’Arabie saoudite est menacé par l’instabilité du Moyen-Orient. Des solutions pour apaiser les tensions sont attendues mais toujours inexistantes.

 

Oriane Poupard

 

Crédits Photo : Wikimedia Commons

 

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