Les femmes Oscarisées, jamais assez

Les femmes Oscarisées, jamais assez

Dans la nuit du dimanche 12 mars au lundi 13 mars a eu lieu la 95ème cérémonie des Oscars. Le manque de parité des récompensés transparaît une nouvelle fois. Revenons sur les plus grands moments féminins de cette soirée tant attendue.

Après une forte demande du public et des professionnels, l’académie fait revenir la transmission télévisée de ses 23 récompenses. Un ensemble bien fourni qui regroupe des acteurs, producteurs, techniciens et tous les artistes travaillant dans les coulisses d’une réalisation cinématographique. Des nominations qui au fil des ans se rapprochent de l’égalité des représentants femmes et hommes. Une belle avancée pour l’histoire du cinéma qui a souvent délaissé ses artistes féminines, actrices et réalisatrices.

L’émission a été animée par l’humoriste et présentateur Jimmy Kimmel. Il a réalisé, tout au long de la soirée, des entractes humoristiques pleins de piques et de références adroites. Il n’hésite pas non plus à lancer des attaques féministes. Une petite note qui ne manque pas de provoquer les applaudissements de l’assemblée.

“How does The Academy not nominate the guy who produced Avatar ? 

What do they think he is ? A woman ?” 

(Comment l’académie des Oscars n’a-t-elle pas nommé le gars qui a produit Avatar ? Ils l’ont pris pour qui ? Une femme ?)

23 oscars, seulement 6 lauréates

Plus de trois heures d’émissions pour voir seulement 6 femmes obtenir une petite statuette. Des chiffres qui révèlent l’immense distance qu’il reste à parcourir et la misogynie toujours existante. Parmi ces 6 récompenses, seulement 4 ont été décernées dans une catégorie mixte.

Black Panther marque de nouveau les esprits. Avec une victoire pour Angela Basset en tant que meilleure actrice dans un rôle secondaire aux Golden Globes, c’est cette fois Ruth Carter qui brille. Costumière du film Black Panther : Wakanda Forever, elle devient la première femme noire à remporter deux Oscars. C’est avec fierté qu’elle remporte le prix des meilleurs costumes. Elle marque à la fois l’histoire par son titre que par ses mots puissants : “Thank you to the Academy for recognizing the superhero that is a black women.” (Merci à l’Académie d’avoir reconnu le super-héros qu’est une femme noire).

Pour la catégorie des meilleurs maquillages et coiffures, c’est l’équipe de The Whale qui monte sur scène avec Anne Marie Bradley, Judy Chin et Adrien Morot. Ce film, sorti le 8 mars 2023, raconte l’histoire de Charlie, un homme devenu obèse après avoir perdu un être proche. Incarné par Brendan Fraser, gagnant de l’Oscar du meilleur acteur 2023, il est complètement transformé et maquillé pour correspondre à son personnage. L’équipe technique choisit de miser sur des tactiques complexes, telles que des prothèses numériques pour augmenter le poids tout en conservant les expressions du visage de l’acteur. Un travail émouvant qui devient à la fois invisible et frappant sur le grand écran.

Pour le meilleur scénario adapté, Sarah Polley obtient l’Oscar entourée du casting du long-métrage Women Talking. Une image émouvante qui transmet les valeurs de sa réalisation adaptée du roman Ce Qu’elles disent de Miriam Toews. Le film, qui prend place dans un contexte politique radical, met en scène des femmes qui se regroupent pour parler, échanger et surtout s’écouter. C’est un véritable symbole de pouvoir et d’indépendance. La réalisatrice n’hésite pas à envoyer, elle aussi, une mini-attaque à l’Académie des Oscars dans son discours engagé.

“I want to thank the Academy for not being offended by the words Women and talking put so close together like that” 

(Je veux remercier l’Académie de ne pas avoir été offensée par les mots femmes et paroles mis si proches l’un de l’autre)

Dans cet enchaînement de femmes puissantes apparaissent aussi Kartiki Gonsalves et Guneet Monga. Elles obtiennent l’Oscar du meilleur court-métrage (documentaire) avec leur réalisation The Elephant Whisperers, disponible sur Netflix. Originaires d’Inde, elles filment avec un nouveau regard la relation entre les tribus et les éléphants de leur pays. Elles nous font découvrir avec beauté des images épatantes et inédites. Véritable ode aux êtres de la nature, ce documentaire a pour but de sensibiliser au respect et à la cohabitation des cultures, de l’environnement et des animaux.

Comment ne pas parler du film qui a raflé pratiquement tous les prix de la soirée : Everything Everywhere All at Once de Daniel Kwan et Daniel Scheinert. Oscar de la meilleure réalisation, Oscar du meilleur film, Oscar du meilleur montage, du meilleur scénario… Et ça ne lui a pas suffi ! Ce chef-d’œuvre dérobe aussi toutes les récompenses du côté des grands prix féminins. Pour l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, Jamie Lee Curtis l’emporte avec le rôle de Deirdre Beaubeirdra. Sa co-star, Michelle Yeoh, décroche l’Oscar prestigieux de la meilleure actrice pour le rôle de Evelyn Wang.

Ce long-métrage regorge de talent et de performances à couper le souffle. Farfelue et pourtant si proche du spectateur, leur performance désarçonne, tout comme leur discours qui rend hommage aux femmes les plus puissantes, aimantes et méritantes du monde : les mamans.

“They are really the superheroes”

(Ce sont vraiment elles les super-héroïnes)

 

©Twitter @Theacademy

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