Le drakkar suédois change de cap

Le drakkar suédois change de cap

La récente élection d’Ulf Kristersson reflète un changement politique total en Suède. Historiquement et ces huit dernières années, le gouvernement était dirigé par une assemblée de députés proche des idéaux de la gauche traditionnelle. Ce changement brutal de Premier ministre fait écho à la montée en puissance des mouvements conservateurs et d’extrême droite en Europe (Italie, Hongrie, Pologne, France..). Loin des grands discours houleux et fermes de Giorgia Meloni à la tête de son parti (Fratelli d’italia), Kristersson reste néanmoins attaché à des idées controversées et polémiques en Suède. Il accuse l’ancien gouvernement d’être la cause de l’augmentation des crimes de rue et de l’insécurité grandissante dans le pays. S’il se dit d’une droite conservatrice, son élection a été possible grâce aux voix précieuses des démocrates nationalistes. Un parti d’extrême droite qui monte en puissance depuis quelques années, mais qui n’a jamais représenté une réelle force parlementaire.

Extrême droite ?

Il ne faut pas s’attendre à un retournement radical de la politique nationale au cours des prochaines années. La coalition du Premier ministre sortant a été élue à trois voix de différence (176 pour 173 contre). Véritable scénario à la « House of cards », il devra jouer sur l’échiquier politique avec minutie et stratégie. Kristersson va faire face à une assemblée divisée et ne sera, en somme, pas libre d’agir selon son bon vouloir. Son adversaire principale sera une alliance de gauche prête à se dresser devant lui comme une puissante opposition, notamment contre les projets de lois anti-immigration visant à « remettre de l’ordre en Suède ». Si en France ou en Italie, les partis d’extrême droite prônent des idées “traditionnelles” et un détachement de l’Union européenne ainsi que de l’OTAN, le tout nouveau gouvernement suédois suit une logique opposée. Opération rassurante pour sa population, Ulf Kristersson s’est rendu dès ses premières semaines à la tête du gouvernement à Ankara, afin de discuter d’une potentielle adhésion au traité Nord-Atlantique. La réelle surprise est la volontée de ce parti « conservateur » d’inscrire dans la constitution le droit à l’avortement, démarche saluée par les députés adverses.

Stockholm, le Brooklyn suédois ?

Il existe différentes raisons pouvant expliquer cette soudaine montée de la droite. L’augmentation du coût de la vie, ou le questionnement de l’ancien gouvernement sur le nucléaire a contribué à la montée en puissance de cette coalition de droite. Pour autant, la raison principale de cette arrivée au pouvoir est l’explosion du taux de criminalité dans le pays. Depuis le début de l’année, le pays a subi sur son territoire 250 fusillades et une quarantaine d’homicides par arme à feu, faisant de la Suède le pays le plus touché par ces homicides en Europe. Ces derniers temps, les politiciens de droite ont donc eu tendance à mettre ceci sur le dos de l’augmentation drastique de l’immigration, la Suède étant le pays de l’Union européenne possédant le plus de migrants sur son territoire (25 étrangers et demandeurs d’asile pour 1000 habitants). Malgré quelques mesures d’ores et déjà mises en place afin de limiter l’afflux de migrants, les députés conservateurs n’eurent cessé de diaboliser l’arrivée de migrants, venant majoritairement du Moyen-Orient et d’Afrique, expliquant leur soudaine accession au pouvoir.

©Statista
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