Chaque année, la Journée mondiale de la santé mentale est célébrée le 10 octobre. Les bienfaits physiques, musculaires ou articulaires de la danse sont prouvés, mais saviez-vous qu’elle peut aussi avoir des effets positifs sur la santé mentale ?
La Journée mondiale de la santé mentale, qui a lieu tous les 10 octobre, a pour but “de sensibiliser aux problématiques de santé mentale et à leur importance dans le monde” (UNICEF). Cette année, l’OMS a souhaité centrer ses actions sur une meilleure prise en compte de la parole des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, dans les politiques ou les services. En effet, trop souvent, ces personnes sont invitées à témoigner mais sont exclues des délibérations. L’objectif de cette campagne est donc d’enclencher un changement et de leur permettre de participer significativement aux prises de décision.
Depuis quelques années, des travaux scientifiques sont menés pour analyser l’impact de la danse vis-à-vis de la santé mentale. La danse améliore la souplesse, la coordination, l’endurance, les capacités respiratoires et diminue les risques de maladies cardio-vasculaires entre autres. Mais ces recherches scientifiques, qui restent toutefois limitées, ont également permis de mettre en valeur le fait que danser agit aussi comme un antidépresseur.
La danse, un antidépresseur
Selon une étude de Frontiers in Psychology publiée en 2019, la danse réduit le niveau d’anxiété et de dépression et augmente la qualité de vie et les compétences cognitives. Elle serait plus puissante que la méditation, le yoga ou la marche voire même plus efficace que certains antidépresseurs standards pour combattre les symptômes de la dépression, d’après une méta-analyse de The BJM dévoilée en 2024.
Comme l’explique Lucy Vincent dans son livre “Faites danser votre cerveau”, en dansant, nous effectuons des mouvements complexes, à la différence de la plupart des autres sports pour lesquels les mouvements sont simples et répétitifs. Cela fait travailler notre cervelet, zone située à l’arrière du cerveau qui régule nos mouvements, nos émotions et nos comportements sociaux. Des facteurs de croissance neuronaux sont ainsi sécrétés et de nouveaux réseaux sont produits dans le cerveau. Ces réseaux neuronaux améliorent la mémoire, l’attention et nous donnent une meilleure conscience de nous-mêmes. Ils impactent favorablement notre sommeil et notre appétit, ce qui participe aussi à améliorer notre santé mentale. Selon elle, bouger en même temps que d’autres personnes a même un effet antidépresseur.
Créer du lien
Dans une perspective sociale, comme en témoigne ce reportage Franceinfo, danser dans un ensemble permet de créer du lien, de faire des rencontres, d’avoir des interactions avec d’autres individus, et de faire en sorte que les pratiquants se sentent moins isolés, grâce à un sentiment d’appartenance à un groupe. La danse apporte un contact humain et se fait la majorité du temps dans une atmosphère bienveillante et positive. La danse agit aussi sur l’humeur, en libérant de l’endorphine et de la dopamine, deux hormones qui participent au plaisir et au bonheur. Elle joue aussi un rôle important sur l’estime de soi en renforçant la confiance et en procurant un sentiment d’accomplissement. Tous ces facteurs participent au bien-être mental du danseur.
Selon l’article “The Effectiveness of Dance Interventions on Psychological and Cognitive Health Outcomes Compared with Other Forms of Physical Activity: A Systematic Review with Meta-analysis”, l’aspect social de la danse engendre du plaisir chez les participants et procure un engagement social, une relaxation psychologique qui peuvent aider à gérer les troubles mentaux, tels que l’anxiété et la dépression.
Complément aux soins en psychiatrie
Constatant les effets positifs de la danse sur la santé mentale, certains établissements comme le Centre hospitalier Le Vinatier à Lyon, ont décidé de s’en servir comme complément aux soins en psychiatrie. Depuis 2017, le psychiatre Emmanuel Monneron organise des projets “Danse et santé mentale”, en partenariat avec la Maison de la Danse de Lyon et propose par exemple à des jeunes patients ayant vécu un premier épisode psychotique d’y participer. Un épisode psychotique se caractérise par une perte de contact avec la réalité, avec des symptômes comme des hallucinations, une perte d’envie, de la désorganisation… Cela affecte les pensées, les émotions et le comportement. La danse est un moyen efficace pour les patients de se changer les idées, de retrouver de la motivation et de créer du lien.
Cependant, il est important de préciser que les études menées sur les bienfaits de la danse par rapport à la santé mentale sont encore en nombre restreint. Il faudrait en faire davantage et de grande ampleur pour pouvoir qualifier catégoriquement et considérer la danse comme un traitement autonome.
Loris CLEORON
Crédit photo : Hulki Okan Tabak / Unsplash
Je m’appelle Loris CLEORON, je suis passionné par la musique et j’envisage de devenir journaliste. Ainsi, je fais une double licence Information Communication Anglais, et je souhaiterais me spécialiser soit dans le journalisme culturel (musique, mode) soit dans le journalisme géopolitique concernant l’actualité internationale.