Aujourd’hui s’achève la 20ᵉ édition des Jeux asiatiques de Nagoya, au Japon. Pendant deux semaines de compétition, les épreuves de natation ont été marquées par les records historiques de Shin Ohashi, âgé de 17 ans, et Yu Zidi, âgée de seulement 13 ans. Ces adolescents ont frappé un grand coup en décrochant d’impressionnants records. Mais ces prouesses reposent aussi la question du surentraînement chez les mineurs, en Chine notamment.
Organisés tous les quatre ans, les Jeux asiatiques constituent le deuxième plus grand événement multisports au monde après les Jeux olympiques. À deux ans de l’échéance de Los Angeles 2028, cette 20ᵉ édition a servi de répétition générale pour tout le continent. En natation, les courses ont surtout été marquées par l’apparition d’une nouvelle génération qui brise déjà de nombreux records et qui est capable de rivaliser avec des champions bien installés.
Shin Ohashi, l’adolescent qui fait trembler Léon Marchand
Avec quatre médailles décrochées dans son pays, Shin Ohashi est la sensation masculine de ces Jeux en natation. Double médaillé d’argent en relais et médaillé d’or sur 100 m brasse, il bat surtout le record du monde du 200 mètres brasse. Grâce à cette performance, il est le plus jeune nageur masculin à battre un record du monde senior depuis Michael Phelps en 2002. En signant un chrono de 2 min 04 s 83, le Japonais bat par exemple de plus d’une seconde le record olympique de Léon Marchand. Après ces exploits, il en a profité pour afficher clairement ses ambitions: « Mon prochain objectif est de remporter la médaille d’or aux Mondiaux l’an prochain, puis la médaille d’or des Jeux olympiques ». Léon Marchand est prévenu. Présent dans les tribunes, le quadruple champion olympique français a d’ailleurs réagi: « J’ai très peur de lui. J’ai hâte de l’affronter, même si ça me stresse » a déclaré le Toulousain de 24 ans en riant.
Record asiatique à 13 ans
Dans les épreuves féminines, Yu Zidi a marqué la compétition en remportant trois médailles d’or individuelles. Déjà devenue l’année dernière, à 12 ans, la plus jeune médaillée mondiale de l’histoire avec le relais 4 x 200m, la jeune Chinoise a frappé fort sur le 200 mètres quatre nages. En 2 min 06 s 10, elle s’est offert le record du monde junior et surtout le deuxième temps de l’histoire, à seulement 40 centièmes du record de Summer McIntosh. Elle s’est également imposée sur le 200 m papillon et le 400 m quatre nages en battant le record des Jeux asiatiques de plus de 4 secondes. Mais si son jeune âge ne se ressent pas dans les bassins, l’adolescente redevient vite une jeune fille de 13 ans face aux micros « Les interviews sont bien plus difficiles que la course », selon elle.
Cette présence d’enfants face à des adultes au plus haut niveau relance néanmoins les critiques sur le modèle sportif chinois. Le système d’entraînement des filières d’État y est régulièrement pointé du doigt et accusé d’imposer des cadences abusives à de jeunes enfants, comme cela a souvent été dénoncé en gymnastique ou au plongeon.
Du côté de Pékin, le discours officiel préfère mettre en avant la vitrine de son modèle sportif. Pour les instances chinoises, la trajectoire de Yu Zidi illustrerait ainsi l’efficacité d’un système fondé sur le repérage dès l’école primaire et l’encadrement étatique précoce. Les médias d’État y voient la démonstration d’un investissement public rentable, pensé pour fabriquer des champions capables de rivaliser d’emblée avec les puissances occidentales.
Pour Shin Ohashi comme pour Yu Zidi, la suite s’écrira désormais aux championnats du monde de 2027, puis aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Reste à savoir si ces deux adolescents parviendront à maintenir un tel niveau face aux meilleurs nageurs mondiaux expérimentés, tout en encaissant les exigences physiques et mentales du très haut niveau.
Léo Ruiz
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