Fleuriste : une immersion au coeur du métier

Fleuriste : une immersion au coeur du métier

Le monde des fleurs entre Alysse, Anémone, Aster, Rose, Hortensia, Orchidée. Bien plus que des noms de fleurs, les sentiments s’invoquent. Entre cadeau, décoration beauté et senteur. Pourquoi aimons-nous autant l’assemblage de ces corolles colorées ? 

L’art floral traverse les siècles. Dès l’Égypte antique, les fleurs occupaient une place importante dans les cérémonies religieuses et les rites funéraires. Leur commerce était déjà organisé le long du Nil, permettant leur exportation vers la Grèce et Rome, où couronnes et guirlandes accompagnaient fêtes et célébrations.

Mais comment cet art, né il y a plusieurs millénaires, a-t-il réussi à traverser le temps et à conserver une place aussi importante dans nos vies ?

Le langage floral

Si les pratiques ont évolué, la symbolique des fleurs, elle, demeure. Bien plus qu’un élément décoratif, chaque fleur peut transmettre une émotion, un sentiment ou un message. Le lys évoque traditionnellement la pureté et la noblesse, tandis que le chrysanthème est associé au souvenir et au deuil en France. 

Au XIXe siècle, le langage des fleurs, aussi appelé floriographie, se développe et permet de transmettre des messages sans avoir besoin de mots. Amour, amitié, gratitude ou encore espoir : les fleurs deviennent de véritables messagères des sentiments.

 

“L’effet des fleurs sur l’émotion”

Mais leur importance ne se limite pas à leur symbolique. D’un point de vue sociologique, offrir des fleurs représente un véritable geste d’attention. Ce cadeau se distingue par l’intention qu’il véhicule : choisir une composition, penser à une personne et lui faire une surprise. Les fleurs prennent alors une dimension émotionnelle qui dépasse leur simple apparence.

 

Pour mieux comprendre cet impact, Élise Berthier, psychologue à Lyon spécialisée dans les émotions quotidiennes, explique :

“ L’effet des fleurs sur l’émotion commence souvent par une surprise. Une livraison ou un bouquet offert à l’improviste vient interrompre le quotidien et attire immédiatement notre attention. Les couleurs, les formes, les textures et parfois les parfums sollicitent nos sens et nous invitent à profiter de l’instant.

Mais au-delà de leur aspect sensoriel, les fleurs transmettent surtout une intention : quelqu’un a pensé à moi. Recevoir un bouquet implique un choix, du temps et une attention particulière. Cela peut provoquer de la joie, de la tendresse ou de la gratitude.

La surprise ne dure parfois que quelques minutes, mais le souvenir du geste peut rester bien plus longtemps. Tant que le bouquet est présent dans notre environnement, il peut raviver l’émotion ressentie au moment où nous l’avons reçu.”

 

Les confidences d’Estelle

Derrière les belles compositions florales se cache un métier qui demande beaucoup d’investissement. Pour Estelle, fleuriste chez Le Dahlia by Estelle, c’est avant tout le côté artistique qui fait la richesse de cette profession. « J’aime travailler les couleurs et les textures », explique-t-elle. Une créativité qui s’exprime chaque jour dans la réalisation des bouquets, qui prennent en moyenne une dizaine de minutes à confectionner.

Mais le quotidien d’une fleuriste ne se limite pas à assembler des fleurs. La journée commence par la préparation de la devanture et le nettoyage de la boutique, avant de passer aux commandes des clients. Ces derniers arrivent généralement avec une idée des couleurs et de leur budget, mais ont parfois besoin de conseils pour choisir les variétés. « Nous les aidons donc à choisir », précise Estelle. Les roses et les lys restent d’ailleurs les fleurs les plus demandées.

Ce métier demande également de nombreuses qualités, à commencer par la passion. « C’est un métier de passion, et il est assez dur », confie-t-elle. Le perfectionnisme et la créativité sont tout aussi importants pour s’adapter aux nouvelles tendances. Sans oublier la condition physique : « Avec les livraisons, nous sommes amenés à beaucoup marcher. De plus, nous travaillons debout une grosse partie de la journée. »

Parfois, les commandes réservent aussi quelques surprises. Estelle se souvient notamment d’une demande particulièrement originale pour un deuil : « On nous a demandé de reproduire un terrain de rugby en fleurs. » Sa fleur préférée reste toutefois le dahlia, qui a d’ailleurs inspiré le nom de sa boutique.

Au quotidien, l’une des principales difficultés reste la gestion des fleurs et de leur saisonnalité. « Une fleur disponible une semaine peut ne plus l’être la semaine suivante », souligne-t-elle. Les fortes chaleurs compliquent également leur conservation. Pour gérer au mieux ses stocks, Estelle passe ainsi commande tous les deux jours. Et pour limiter le gaspillage, elle utilise Too Good To Go ou fait sécher les fleurs invendues afin de leur offrir une seconde vie.

Enfin, le métier évolue avec son époque, notamment sur le plan environnemental. « L’écologie prend de plus en plus de place », observe-t-elle, évoquant les nouvelles alternatives à la mousse florale traditionnelle et les fleurs moins traitées.

À ceux qui souhaiteraient se lancer, Estelle conseille avant tout d’être passionnés et perfectionnistes, sans négliger la formation : « Il faut faire au moins un CAP, car on ne peut pas être fleuriste sans diplôme. ». En trois mots elle décrit ainsi son métier comme: 

“Créatif, humain et difficile !”

 

Julie GARDEY

Enoha MORENO

 

Crédit photos : https://www.instagram.com/ledahliabyestelle?psln=dDhsM3JjcGxjZWJk

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