Dimanche 25 octobre avaient lieu les élections législatives anticipées en Serbie. La Liste étudiante en est ressortie victorieuse, mettant fin à 14 ans de majorité parlementaire pour le Parti Progressiste Serbe (SNS).
Ce dimanche 25 octobre se tenaient les élections législatives serbes. Elles ont été remportées par la liste étudiante avec 52 %, soit 141 des 250 sièges du Parlement serbe. Elle devance la coalition “Serbie unie”, construite autour du Parti Progressiste Serbe (SNS) et qui récolte 103 sièges. Cette coalition est actuellement menée par Aleksandar Vučić, président de la république de Serbie jusqu’en septembre 2026. Il a démissionné suite au mouvement social touchant le pays depuis novembre 2024, ce qui a entraîné l’organisation d’élections législatives anticipées. Les 6 mandats restants du Parlement ont été acquis par 4 listes minoritaires.
Ces élections sont marquées par un taux de participation historique, estimé à plus de 70 %, bien plus que pour les précédentes élections législatives de 2023, dont le taux de participation s’élevait à 58 %.
Dimanche 1er novembre, le scrutin a eu lieu de nouveau dans 53 bureaux de vote pour lesquels il n’avait pas été possible d’établir les résultats des élections du 25 octobre ou alors dans lesquels le vote avait été annulé par les commissions électorales compétentes. Ce nouveau scrutin n’a que très légèrement modifié les résultats de la semaine précédente. La liste étudiante a ainsi perdu un siège au parlement, passant de 141 à 140, la coalition Serbe Unie a conservé ses 103 sièges tandis que la liste bosniaque d’Usama Zukorlić a obtenu un siège.
Un symbole de renouveau
Le mouvement étudiant est né en novembre 2024, suite à l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad, qui a coûté la vie à 16 personnes. S’en sont suivies des manifestations dans tout le pays, des blocages d’universités et la mise en place d’assemblées citoyennes locales, les “zborovi”. De ce mouvement a émergé la liste étudiante, qui refuse toute verticalité, toute hiérarchie et n’a, de fait, pas de leader défini ni de porte-parole.
Les candidats présents sur la liste sont issus de la société civile et ont été sélectionnés lors d’assemblées étudiantes après des débats et des votes directs. Ainsi, la liste étudiante est composée d’universitaires, de médecins, de scientifiques, d’ouvriers, d’artistes et de militants, mais d’aucun étudiant. De même, toutes les figures déjà au pouvoir et celles de l’opposition traditionnelle ont été écartées de ce processus, rendant davantage crédible la possibilité d’un vrai changement, au-delà du simple remplacement des personnes au pouvoir.
Leur programme est axé entre autres sur la lutte contre la corruption et la concentration du pouvoir, l’amélioration des institutions et des conditions de travail, l’indépendance de la justice, et la liberté des médias.
Il y a donc une volonté de rupture avec le gouvernement précédent et les figures politiques traditionnelles après 14 ans de domination parlementaire du Parti progressiste serbe, dans le but de favoriser une démocratie plus directe.
Cependant, si la liste étudiante est synonyme de changement en termes de politique intérieure, elle ne l’est pas en matière de politique étrangère. En effet, elle prévoit de maintenir les positions pro-russes du gouvernement sortant, justifiant une dépendance énergétique trop importante vis-à-vis de la Russie.
Loris Cléoron
Crédits Photo : Stefan Kostić sur Unsplash
Je m’appelle Loris CLEORON, je suis passionné par la musique et j’envisage de devenir journaliste. Ainsi, je fais une double licence Information Communication Anglais, et je souhaiterais me spécialiser soit dans le journalisme culturel (musique, mode) soit dans le journalisme géopolitique concernant l’actualité internationale.