Cancel culture : des origines au débats actuels, le cas de Ed Sheeran

Cancel culture : des origines au débats actuels, le cas de Ed Sheeran

Aujourd’hui sur les réseaux, il suffit d’une vidéo ou d’un tweet pour qu’une star se retrouve au cœur d’une polémique et se fasse « canceller » annuler, boycotter en français. Récemment avec le cas de l’artiste Ed Sheeran la cancel culture est remise au goût du jour. Suite au retrait de Macklemore à la tournée de l’artiste à cause de ses positions pour la Palestine.
Ed Sheeran s’est retrouvé sous le feu des critiques et menacé de boycott par une partie du public.

Face à ce déferlement de critiques, Ed Sheeran a dû sortir du silence pour s’expliquer et réorganiser en urgence la programmation de ses concerts. Lors de son concert il affirme à Philadelphie. Il admet avoir commis des « erreurs ». De plus il s’est défendu en expliquant que la décision de retirer Macklemore de la tournée n’était pas la sienne.

Ce cas montre à quel point la pression du public est forte aujourd’hui.

D’où vient la cancel culture

Le rejet social a toujours existé. Mais la cancel culture moderne est née avec internet et les réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook. Elle s’est surtout développée à la suite du mouvement #Metoo. Grâce à internet les victimes pouvaient dénoncer les comportements inacceptables. Mais aussi citer les noms pour briser le silence. La cancel culture devient une arme.

Le débat sur la cancel culture

Le phénomène ravive un débat doit on séparer l’homme de l’artiste ?
Des penseurs comme Oscar Wilde et Hannah Arendt explique qu’une œuvre d’art à sa propre valeur. Elle est indépendante des choix de son artiste.

Tandis que des philosophes comme Platon et Jean-Jacques Rousseau pensent au contraire que l’art ne doit pas être au dessus des règles morales de la société.

Aujourd’hui deux visions qui s’opposent

La cancel culture est une arme qui permet de faire justice
Le boycott est un moyen d’exiger que les stars et les personnes puissantes assument enfin la responsabilité de leurs actes ou de leurs paroles. C’est une forme de justice populaire en ligne quand les institutions n’interviennent pas.

Un risque pour la démocratie
À l’inverse pour les opposants, la cancel culture devient dangereuse lorsque le moindre désaccord sur un sujet transforme une personne en cible à éliminer. La précipitation du jugement sur Internet risque de tuer le débat et la liberté de s’exprimer. Pour eux la cancel culture repose sur notre tendance à nous considérer comme moralement irréprochable et nos adversaires comme moralement corrompus.

En conclusion

La cancel culture montre à quel point il est difficile de trouver un équilibre.
Pour éviter les jugements trop rapides, il faut plutôt s’orienter vers une réflexion fondée sur l’analyse critique. Plutôt que sur le boycott systématique.

Justine Pateau

Crédits Photo : Bastian Riccardi sur Pexels

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