Dans l’imaginaire collectif, le mariage apparaît comme un idéal romantique, presque un aboutissement naturel de la vie. Il est célébré aussi bien dans la littérature que dans le cinéma, qui nous font rêver de rencontrer le partenaire idéal. Pourtant, derrière cette vision moderne, se cache une histoire bien plus complexe. Le mariage a-t-il toujours été une union fondée sur l’amour et le partage ? Où trouve-t-il ses racines ailleurs, dans des logiques économiques et sociales ?
Une institution aux antipodes du conte de fée
Les premières traces de mariage remontent à plus de 2000 ans avant J.C. en Mésopotamie et en Égypte, où les individus se mariaient, à l’image des divinités qui fonctionnaient pratiquement toutes par paires.
Plus tard, durant l’Antiquité, des gravures sur des tablettes d’argile révèlent de véritables contrats qui définissent à la fois droits et devoirs. Le mariage apparait donc dès son origine bien plus qu’une simple union amoureuse.
En réalité, il est avant tout une nécessité économique. Dans la Grèce antique, comme dans les sociétés agraires, il assure une sécurité matérielle, et même la survie, permettant de combiner les efforts et les ressources de deux familles puis de les transmettre aux générations futures.
Son rôle s’étend au-delà : il a également un caractère social. Au même titre que la justice ou l’école, il est une institution sociale qui dépasse la sphère privée et structure la société. Il définit qui peut vivre ensemble, qui hérite des biens, les droits et devoirs de chacun ou permet une descendance légitime. En effet, pendant longtemps au Proche-Orient, le mariage signifiait reconnaitre son rôle de père.
Une affaire de famille
Pendant des siècles, le mariage demeure ainsi un arrangement à but financier et social, souvent indépendamment de la volonté des concernés eux-mêmes. Le consentement (en particulier celui des femmes) est relégué au second plan. Les mariages sont planifiés et négociés par les familles et les époux sont parfois mariés très jeunes.
Cette logique se retrouve même dans la royauté, servant avant tout à renforcer les alliances politiques entre nations. L’union entre Marie-Antoinette et Louis XVI, alors tous deux respectivement âgés de 14 et 15 ans, visait à l’époque à rapprocher l’Autriche et la France. Le mariage devient alors une affaire diplomatique.
Cette réalité n’a pas complètement disparu et est toujours présente dans certaines régions du monde où les mariages arrangés ou d’enfants persistent, comme en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud, mais aussi dans des pays occidentaux comme aux États-Unis ou en Géorgie.
Avec le temps, le mariage acquiert une dimension religieuse. En Europe, il est fortement influencé par le christianisme. Il devient indissoluble et emporte une dimension sacrée devenant à partir du Moyen Âge l’un des sept sacrements reconnus par l’Église. C’est par ailleurs l’une des premières à pointer du doigt les mariages arrangés et à défendre l’importance du consentement des époux.
La révolution de l’amour
Il faut attendre le Moyen Âge pour voir émerger une nouvelle idée : celle du mariage fondé sur l’amour tel qu’on se l’imagine aujourd’hui. Elle se développe notamment grâce à l’amour courtois. Les sentiments sont valorisés et chantés, en particulier dans la noblesse. Toutefois, à l’époque cet amour est bien souvent extra-conjugal. Les arts contribuent, eux aussi, à imposer une vision plus romantique du mariage, comme en témoigne la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare.
À partir du XVIIIe siècle, les individus revendiquent davantage de liberté et d’autonomie, le mariage devient un choix personnel et un accord fondé sur l’amour ainsi que le respect mutuel plutôt que sur les potentiels avantages qu’il pourrait apporter. Cette idée se renforce au XXe siècle grâce aux luttes féministes qui placent le consentement au cœur de l’union.
Une institution entre tradition et modernité
Bien que le mariage reste à ce jour une institution sociale, juridique et parfois religieuse, l’amour est désormais une condition essentielle, du moins dans les sociétés occidentales. Ses formes se sont également diversifiées. En France, par exemple, le PACS a été adopté en 1999 créant une nouvelle alternative.
Ailleurs dans le monde, les réalités restent plus contrastées. Les mariages arrangés ou précoces persistent dans certaines régions, pour des raisons culturelles ou économiques.
Tahiata Gladwin
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Étudiante en licence de langue étrangères appliquées anglais espagnol, j’adore apprendre sur le monde qui m’entoure ! Je suis passionnée d’écriture depuis toute petite et j’aime parler de cinéma, de musique ou encore de géopolitique. Ce sont des thèmes que je traiterai dans mes articles !