Rupi Kaur, l’insta-poétesse de l’âme

A 25 ans seulement, Rupi Kaur est déjà une poétesse féministe reconnue qui ne cesse de faire parler d’elle à travers le monde entier : meilleure vente du New York Times pendant 25 semaines consécutives, en tête des ventes sur Amazon dès sa semaine de sortie, … Avec son premier recueil de poèmes, Milk and Honey, l’artiste indo-canadienne s’est fait une place parmi les plus grands. Le « self-estime» au cœur de ses poèmes, c’est dans un tourbillon d’amour, de tendresse mais aussi de violences, de viols et de ruptures que Rupi Kaur souhaite transporter ses lecteurs.

La poésie art oublié ?

« Elle incarne la modernité, et la voix de toute une génération qui se débarrasse du snobisme de la poésie », affirme son éditrice. Rupi Kaur a rendu à la poésie sa splendeur d’antan tout en la rendant attrayante et sexy pour la génération 2.0. La jeune artiste a commencé à écrire dès son enfance : immigrant au Canada à l’âge de 5 ans, c’était une petite fille troublée et perdue qui n’a trouvé du réconfort qu’entre ses lignes quelques années plus tard. Sur ces pages l’écriture est simple mais soignée, avec d’harmonieux dessins entourant les poèmes. Cette simplicité, Rupi Kaur a voulu la garder, jusqu’à aujourd’hui, ce qui lui a d’ailleurs valu de nombreuses critiques. « Les gens ne sont pas habitués à lire de la poésie aussi simple », expliquait-elle au Guardian en 2017. Outre les critiques, sa plume lui a permis de séduire des millions de lecteurs. Et cela faisait bien des années que la poésie n’avait pas reçu un tel succès. Elle qui était encore « old-school » il y a quelques années, c’est un nouveau tournant que lui permet de prendre cette jeune poétesse.

L’insta-poétesse

Empreinte de fortes convictions féministes, Rupi Kaur est une artiste très engagée, autant dans l’écriture que dans la photographie où elle veut faire passer ses nombreux messages. Elle souhaite avant tout que la place des femmes ainsi que les tabous autour, soient remis en question et changent pour de bon. En Mars 2015, la jeune poétesse exposait sur Instagram une photo d’elle, de dos, allongée sur son lit dans un pyjama, sali par une tâche de sang. Sans trop de surprises, la plateforme a supprimé sa publication, jugeant qu’elle «ne respectait pas les règles de la communauté». Ce à quoi la jeune artiste a immédiatement répliqué « Merci à Instagram de me donner la réponse précise que mon travail critiquait. Je ne m’excuserai pas de ne pas nourrir l’égo et la fierté d’une société misogyne qui n’est pas à l’aise avec l’idée d’une petite fuite alors que vos pages sont remplies d’innombrables photos objectifiées, pornographisées et traitées comme moins que des humains ». Partagée en masse sur les réseaux sociaux, la photo lui a offert une nouvelle visibilité, comme sur Instagram où elle continue de publier ses derniers chefs d’œuvres. Alors classée dans la catégorie des insta-poètes elle a récemment été érigée : porte-parole des femmes de sa génération.

Acceptation pour une nouvelle génération

Rupi Kaur a choisi d’écrire ses poèmes en s’appuyant sur son expérience personnelle, pour transporter ses lecteurs au fil des pages, et les confronter à sa réalité, qui se trouve souvent être la réalité de milliers d’autres. Elle raconte ce sur quoi certains n’ont pas pu mettre de mots. Abordant les sujets de la féminité, l’acceptation de soi, les relations amoureuses, mais aussi d’autres plus sinueux comme le viol, la dépression, la migration ou l’avilissement des femmes, le tout avec une bienveillance déconcertante. Des sujets souvent tabou que l’on préfère taire. Mais Rupi Kaur a bien compris que les mots guérissent, et ses mots à elle guérissent l’âme, le cœur de millions de lecteurs. Elle souhaite les amener vers un « self-estime» (amour/confiance en soi), une notion qu’elle utilise comme fil conducteur au long de ses pages. Ses mots sont réconfortants et apaisants, tels qu’elle aurait rêvé de les entendre étant petite.

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