En route pour le Mondial #1

En route pour le Mondial #1

L’équipe de France de football vient d’entamer son périple vers la Coupe du Monde 2022. Une campagne de qualification qui lui permettra d’obtenir son ticket pour le Qatar. Trois rencontres étaient au programme de ce rassemblement, une confrontation face à l’Ukraine au Stade de France pour commencer, puis deux déplacements au Kazakhstan et en Bosnie. L’objectif de cette semaine internationale est clair : faire le plein de points pour rapidement prendre la première place du groupe, seule position directement qualificative pour le Mondial.

 

France-Ukraine : faux départ

La campagne de qualification des Bleus n’a pas débuté de la meilleure des manières. Les joueurs de Didier Deschamps ont été pris au piège par une équipe d’Ukraine qui a respecté à la lettre son plan de jeu. Sur le papier, cet adversaire était considéré comme le plus coriace du groupe. Pourtant, les Français l’avaient outrageusement dominé lors de leur dernière confrontation en octobre dernier (7-1). Une victoire était donc largement attendue afin de marquer le coup d’entrée. Il n’en fut malheureusement rien.

Score de parité 1-1 entre ces deux équipes. Un match nul particulièrement décevant pour des Bleus qui ont été complètement passifs. L’entame de rencontre avait pourtant été excellente pour les coéquipiers d’Hugo Lloris qui ont siégé la moitié de terrain ukrainienne durant la première demi-heure. Une domination qui s’est concrétisée à la 19e minute par un magnifique but d’Antoine Griezmann. Une belle frappe du gauche qui a fini sa course dans la lucarne. Une ouverture du score somptueuse qui aurait tout de même du être refusée pour une position de hors-jeu préalable de Benjamin Pavard. Heureusement pour les Bleus, il n’y avait pas la VAR, l’assistance vidéo n‘étant pas utilisée pour ces matchs de qualifications.

Une première mi-temps convaincante et maîtrisée, sans toutefois être enthousiasmante, face à des Ukrainiens regroupés en défense et incapables de se montrer dangereux offensivement. La seconde mi-temps sera en revanche un long calvaire pour des joueurs français incroyablement amorphes, complètement éteints par un adversaire qui n’a pas laissé le moindre espace. Aucune occasion nette, aucune vitesse dans le jeu, bref, l’ennui total. À l’arrivée, la punition avec l’égalisation des Ukrainiens à la 57e minute. Un but contre son camp de Presnel Kimpembe, qui a dévié un tir peu dangereux de Sydorchuk. Frustrant de concéder un tel but, alors que l’Ukraine n’a pas cadré une seule tentative de tout le match. Une action sur laquelle les Français se sont illustrés par leur apathie, comme une parfaite illustration de leur prestation. Les tricolores ne parviendront pas à inverser la tendance en fin de partie et concèdent un match nul qui ressemble clairement à une défaite.

Un accident, cela peut arriver, surtout dans une saison aussi particulière où les joueurs enchaînent les matchs à une cadence infernale. Pour que cette théorie de l’accident soit vérifiée, les Bleus devaient impérativement se rattraper face au Kazakhstan.

 

Kazakhstan-France : le réveil bleu

Changement total de décor. Direction Nouroulstan au Kazakhstan pour la seconde affiche de ces qualifications pour le Mondial. Sur une pelouse synthétique peu habituelle pour les joueurs, l’équipe de France avait à cœur de montrer un meilleur visage. Pour insuffler un nouvel état d’esprit au groupe, le sélectionneur a largement modifié son équipe. Des titulaires du premier match, seul le capitaine Lloris et le buteur Griezmann conservent leur place dans le onze de départ. Une équipe «bis» mais qui avait tout de même fière allure.

Des données radicalement différentes pour ce qui est du contexte, mais un copié-collé du match précédent sur le terrain. Des joueurs aux maillots bleus qui monopolisent le ballon face à des joueurs aux maillots jaunes jouant très bas, sans jamais parvenir à faire trembler la défense française lors de leurs rares tentatives d’incursions offensives. Il faut dire que cette équipe kazakhstanaise joue avec ses faibles armes, elle qui ne figure qu’au 122e rang au classement FIFA. Pratiquement au même moment du match que face à l’Ukraine, les Bleus ouvrent le compteur. Une frappe précise d’Ousmane Dembélé, consécutive à un très beau travail d’Anthony Martial. Le joueur du FC Barcelone signe alors de la meilleure des manières son retour en équipe nationale. La ressemblance avec le match inaugural face aux Ukrainiens va fort heureusement s’arrêter là.

 

Crédits photo : Simon Morcel FFF

 

Contrairement au premier match, les doubles champions du monde vont se mettre à l’abri en inscrivant le but du break juste avant la mi-temps. Une tête contre son camp du défenseur Maliy suite à un corner. La chance a donc tourné en faveur des joueurs français, qui ont ainsi pu aborder la seconde période avec sérénité. Cette dernière ne débouchera pas sur un troisième but, mais elle aura vu une nette domination française. Le gardien kazakhstanais fut sollicité a de nombreuses reprises. Il aura notamment réussi à repousser un penalty de Kylian Mbappé, pas forcément très inspiré comme cinq jours plus tôt.

Cette confrontation, qui avait tout pour être un véritable traquenard, fut finalement gérée assez tranquillement par une équipe de France sérieuse, mais dont on attend beaucoup plus au niveau de la qualité de jeu. Place désormais à la confrontation face à la Bosnie, dernier affrontement de ce triptyque.

 

Bosnie-France : des Bleus sans briller

«L’important c’est les 3 points», «seule la victoire compte», voici le genre de phrases clichées que répètent inlassablement entraîneurs ou joueurs face aux médias. Une idéologie pragmatique qui s’applique parfaitement avec cette équipe de France, qui trace match après match son chemin vers le Mondial 2022, mais sans jamais réellement convaincre. Le résultat prime par rapport à la manière, au grand désarroi des supporters. Désireux de retrouver le sourire après les annonces de notre cher président Emmanuel Macron, les fans de football n’auront que très peu eu l’occasion de vibrer durant ce Bosnie-France.

Pour la dernière confrontation de cette fenêtre internationale, le sélectionneur a fait le choix d’aligner une équipe relativement semblable à celle qui a débuté face à l’Ukraine. Deux exceptions tout de même, l’absence au milieu de l’indispensable N’Golo Kanté, blessé, et la mise sur le banc d’Olivier Giroud. Une animation offensive modifiée avec le replacement de Kylian Mbappé à la pointe de l’attaque et les titularisations de Thomas Lemar et Kingsley Coman sur les ailes.

Des espoirs de jeu avec cette composition offensive, mais un rendu sur le terrain sans aucune saveur. Ennuyant, soporifique, sans rythme, sans idées, sans engagement et avec très peu de combinaisons : une prestation bien triste pour une équipe du calibre de l’équipe de France. Pire, les Bleus auraient pu concéder l’ouverture du score en première mi-temps si Hugo Lloris n’avait pas effectué un arrêt de grande classe sur une tête piquée bosnienne.

La lumière est finalement venue à la 60e avec une tête d’Antoine Griezmann, sur un centre d’Adrien Rabiot. Une seule inspiration offensive aura permis aux Français de triompher. «Grizou» profite de ses deux buts de la semaine pour devenir le 4e meilleur buteur de l’histoire de la sélection, dépassant alors David Trézeguet. 0-1 score final, la victoire et seulement la victoire sera à retenir de cette froide soirée.

 

Crédits photo : Franck Fife AFP

 

Un bilan comptable positif puisque la France pointe largement en tête de son groupe après ses 3 premiers matchs de qualification, 4 points devant son poursuivant immédiat. Un bilan sportif en revanche bien plus inquiétant au moment de fermer ce premier chapitre des éliminatoires du Mondial 2022 et d’en ouvrir un encore plus important : celui de l’Euro 2021. L’échéance est dans à peine plus de deux mois, précédée uniquement par des matchs de préparation, et c’est quasiment sans certitude que les Bleus vont s’y rendre. Une certitude toutefois : l’assurance de devoir élever son niveau de jeu pour parvenir à se défaire d’une adversité bien plus corsée puisque le Portugal et l’Allemagne seront notamment au programme des poules. Espérons que la réputation d’équipe se sublimant dans les grands matchs qui colle à la peau des Bleus de Deschamps se vérifie une nouvelle fois.

 

Mathias Babin

 

Crédits photo : Icon Sport

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Mathias Babin

Etudiant en licence Information-Communication. Rédacteur dans la rubrique Sport car passionné de rugby, de football, de sports mécaniques, de handball…bref, fan de sport en général. Contact : mathias3334@gmail.com