Glass, la fin d’une trilogie surprenante

Dans un monde ou Marvel et DC monopolisent les films de super héros au grand écran, avec leurs interminables franchises, à la fin de son film Split (2017), M. Night Shyamalan nous a laissé entrevoir une suite à son premier film de super héros, Incassable (2000). C’est donc aujourd’hui que le réalisateur croise les univers et personnages de ses deux films en les réunissant dans le dernier volet de cette trilogie, Glass.

Rapidement après les événements relatés dans Split, David Dunn, l’homme dit incassable, traque La Bête, la personnalité la plus féroce de Kevin Crumb. De son côté, Elijah Price, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre est à l’hôpital psychiatrique depuis dix-neuf ans après avoir commis des attentats pour révéler les pouvoirs de Dunn.  Le docteur Ellie Staple, quant à elle, souhaite les réunir pour les libérer de ce qu’elle considère comme un délire et les convaincre que leurs capacités surhumaines ne sont qu’une illusion.

Rendre logique et cohérent une trilogie dont les deux premiers films sont très éloignés dans le temps tient du casse-tête. Mais c’est sans compter sur M. Night Shyamalan, qui parvient à retomber sur ses pattes. Peu de trilogies, voir de sagas (je vous renvoie à l’article sur Harry Potter), permettent de voir les mêmes acteurs 19 ans plus tard. Bruce Willis, son fils ainsi que Samuel L. Jackson ont vieilli. Malgré tout ils sont reconnaissables au premier coup d’œil et la nostalgie opère. Nostalgie d’ailleurs renforcée par les incrustations de séquences inédite d’Incassable, ainsi qu’un petit caméo du réalisateur. C’est malin, ça fonctionne. En comparaison, la transition avec Split est beaucoup plus simple vu que seulement 3 ans se sont écoulés entre les deux films, traduit en 3 semaines écoulées entre les deux scénarios.

Même s’il s’agit d’un film de super héros, la réalisation est minimaliste, les combats sont rares et pas forcément démonstratifs, car l’intérêt du film est ailleurs. M. Night Shyamalan nous montre un film inédit dans son genre et notamment a propos de notre vision et nos rapports aux super héros, le tout mêlés aux troubles dissociatifs de l’identité. Pour resituer l’histoire, le film est ancré dans notre monde actuel, avec une critique des réseaux sociaux, des fake news et de la manipulation de l’information. Le but du film est de faire douter le spectateur. Tout est si réel qu’on s’identifie bien à l’environnement dans lequel évoluent ces personnages. Et, lorsque les pouvoir de nos héros sont remis en question en abordant la folie et la forte probabilité que tout ce qu’on ait vu jusqu’à maintenant ne soit que pure interprétation d’événements tout à fait normaux, eh bien nous aussi nous doutons. On en vient à se demander si on n’a pas été piégé et si finalement ces « pseudos héros » ne sont pas une pure invention de leur esprit.

Petit clin d’œil au jeu d’acteur de James McAvoy, alias Kévin (officiellement) et ses 23 autres personnalités, qui est absolument fantastique. Il est surprenant de voir avec quelle efficacité il change sa personnalité tout en faisant en sorte que nous, spectateur, puissions la reconnaître. Et bien sûr, il est toujours aussi plaisant de voir Bruce Willis et Samuel L. Jackson au grand écran !

Justine Dehaese

Photos: Affiche officielle du film

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