Le vendredi 6 février 2026, les murs de l’Arkéa Arena de Floirac ont tremblé au rythme d’une puissante énergie incarnée par Rilès.
L’artiste Rilès était de retour sur la scène de Bordeaux après plus de six ans sans s’y produire et quel retour ! L’Arkéa Arena était en ébullition, un public comme transporté dans une autre dimension.
Né en 1996 à Rouen, Rilès Kacimi s’est imposé peu à peu sur la scène musicale nationale et internationale . Le chanteur, rappeur, auteur-compositeur, musicien et producteur de musique, il débute sa carrière en 2014. Il compose et chante uniquement en anglais. Son univers musical se définit comme un mélange de d’influences hip-hop, R&B, gospel et soul.
Les thèmes abordés dans sa musique sont principalement l’amour, la santé mentale et la volonté de réussir, en affrontant ses démons intérieurs.
Avec ses trois albums studios et ses très nombreux projets, Rilès a su se construire une identité musicale singulière.
Un artiste qui s’est donné les moyens de réussir
Rilès débute sa carrière d’artiste à l’âge de 17 ans en sortant sa première mixtape Vanity Plus Mind en 2014. La musique ne lui permettant pas encore de vivre de sa passion, il travaille alors comme surveillant dans un collège et vend sur Internet des peintures qu’il a faites lui-même. Il s’est construit son propre studio dans sa chambre de la maison familiale. Il a appris par lui-même tous les éléments liés à la création de sons par le biais de vidéos Youtube. Le DIY (Do It Yourself) est une sorte de leitmotiv pour l’artiste.
Entre septembre 2016 et septembre 2017, Rilès s’est lancé le défi ambitieux: sortir une chanson par semaine. Les “RILESUNDAYZ”,saison 1, sont ainsi lancés. Parmi les 52 morceaux, deux ont été disque d’or (“Thank God” et “I Do”) et “Brothers” a été disque de platine. Avec ce défi, l’artiste s’est imposé une discipline impressionnante et un rythme de travail soutenu. Pari gagnant puisqu’il obtient une certaine visibilité, sans l’aide d’un label et de manière totalement indépendante.
En avril 2017, le youtubeur Seb a sorti une vidéo sur Rilès avec le #COUPDEPOUCE. L’effet de la vidéo a été immédiat. L’artiste a expliqué être passé de 20 000 abonnés à 300 000 en une semaine.
Grâce à cette notoriété, l’artiste a fait sa première tournée nommée The Jungle Tour en 2017. Les 22 dates françaises se jouent à guichets fermés, tout comme les quatre dates dans les pays du Maghreb avec The Jungle Tour Maghreb Edition.
Le premier album studio de Rilès, Welcome to the Jungle, sort en 2019. S’ensuit une tournée des Zéniths en France, tous à guichets fermés. Rilès se produit aussi à Londres, en Afrique du Nord, en Europe de l’Est, toutes les dates affichant complet.
En 2021-2022, il lance la deuxième saison des “RILESSUNDAYZ”, marquant un retour aux sources et forçant l’artiste à une nouvelle année de discipline qui se doit d’être sans faille. Régularité, persévérance et acharnement semblent être de véritables clés de réussite pour Rilès.
Une année 2025 artistiquement riche et intense
En janvier 2025, Rilès annonce son retour avec son deuxième album studio Survival Mode, dans lequel il explore les difficultés personnelles vécues pendant deux ans et la lutte contre ses démons intérieurs.
En février, il réalise une performance artistique nommée la “Survival Run”. L’artiste a couru pendant 24 heures sur un tapis roulant devant une scie circulaire géante. La performance était retransmise en direct sur les réseaux sociaux. Ce défi d’endurance de taille lui a permis de faire de la prévention par rapport à la santé mentale. Selon l’artiste, ce sont l’amour et la course à pied qui lui ont permis de se relever durant cette période difficile.
En octobre, Rilès s’est lancé un nouveau défi artistique: tamponner, à l’aide de sa main droite peinte en rouge, les 20 000 pochettes de vinyles de son nouvel album The 25th Hour. La performance a duré précisément 25 heures. Pour certaines personnes, la performance est une métaphore de la société et du capitalisme qui emploie jusqu’à l’épuisement.
Avec ces performances artistiques, Rilès a su promouvoir ses nouveaux albums mais également à mettre en lumière des combats qui lui tiennent à cœur.
L’Arkéa Arena en feu
La première partie, assurée par l’artiste Steve Ibrahim, a permis au public de vivre une expérience plus intimiste, entre R&B et indie folk, avant l’explosion à venir. Le jeune artiste parisien a interprété quelques titres de son nouvel EP, accompagné de sa guitare et d’une batterie.
Le public bordelais a attendu une vingtaine de minutes, dans une effervescence palpable, avant l’arrivée de Rilès. Son entrée a été surprenante et a directement plongé le public dans le feu de l’action: un corps s’est élevé dans les airs avant de tomber violemment, quelques secondes de noir total…puis BOUM ! Rilès apparaît sur une montagne, interprétant Pressure.
La température grimpe directement dans la salle, la fosse est en pleine effusion. Rilès la surnomme “la fosse aux lions” et nous accueille dans “la jungle”. “Are you ready to survive ?” apparaît alors sur le grand écran derrière l’artiste, avant qu’il ne lance Beast.
Côté scénographie, le show mêle montagne, de nombreux jeux de lumière, une plateforme servant à la fois de lumière et de scène sur laquelle Rilès s’est envolé.
Accompagné de huit danseurs, il enchaîne une vingtaine de morceaux, mêlant danse, chant, performances sportives et interactions avec le public. Trois spectateurs ont même eu la chance de monter sur scène pour lancer deux titres (Pesetas et I Thought).
Le spectacle était intense et très “cardio”, chose que l’artiste encourage le public à être. Pendant ses 1h50 sur scène, Rilès a passé de nombreux messages, encourageant son public à parler de ses démons intérieurs et à les combattre.
Durant le concert, l’artiste a fait de nombreux clins d’œil à ses performances artistiques: gant rouge à la main droite, course sur un tapis dissimulé dans la montagne, avec sur une scie sur l’écran derrière lui. Pour Justice and Peace, l’artiste a utilisé l’intelligence artificielle dans le but de “faire parler” des dirigeants politiques et de personnes influentes qui répètent les paroles de la chanson.
Le concert s’est terminé par une explosion de confettis au milieu de Survival, joué pour la troisième fois de la soirée. La mélodie reprise plusieurs fois par l’artiste ou par le public, comme une sorte d’hymne qui donne envie de se battre et de vivre, tout simplement. En sortant de la salle, on pouvait l’entendre un peu partout aux alentours. Le public a vécu un moment hors du temps, dans une ferveur collective singulière, qui restera gravée dans les mémoires.
Lorsque Rilès et les danseurs sont rentrés en coulisses, un générique s’est lancé pour conclure le show. Une caméra diffusait en temps réel ce qui se passait derrière le rideau pour le montrer au public. Rilès, très proche de son public, est passé une dernière fois au pied de la fosse pour saluer les fans et même signer quelques autographes.
Emma Galopin–Cahu
©Emma Galopin–Cahu
Étudiante en Lettres Babel à Bordeaux, j’ai dû me séparer de ma Normandie natale que j’aime tant. Malgré ce douloureux détachement, je me plais beaucoup ici et souhaite partager mon amour pour le sport et la “pop culture” dans mes articles.





