Ouverture de Musical Ecran : le festival qui fait trembler les salles de projection bordelaises

Ouverture de Musical Ecran : le festival qui fait trembler les salles de projection bordelaises

Du 8 au 15 novembre, la métropole bordelaise accueille la 11e édition du festival  Musical Écran. Depuis 2015, l’association Bordeaux Rock propose une immersion  sensorielle par le documentaire musical. Au Megarama, à la MECA ou au théâtre  Molière, replongez dans une époque pour en comprendre les enjeux au travers de la  musique. À la rencontre de l’équipe du festival, de la conférence de presse du  Megarama aux bureaux de l’asso. 

Entrée en coulisses. Assis sur le canapé en cuir de l’association Bordeaux Rock, Aymeric Monségur, directeur, explique que l’objectif du festival est de « raconter l’histoire de la  musique ».  

L’association a été formée en 2004 par d’anciens musiciens de rock bordelais qui faisaient trembler les scènes des années 80 : Stilettos, Standards, Stalag… Ces stars de l’ « âge d’or du rock » se sont rassemblées pour exalter leur passion commune. La Rock School Barbey, l’une des Scènes de Musiques Actuelles (SMAC) de Bordeaux a été le théâtre de cette effervescence musicale.  

Les projections de documentaires musicaux ont été au coeur du projet dès les années 2010. Mais l’envie de consacrer un événement à ce format émerge au fil des ans. En 2015, Bordeaux Rock répond à un appel à projet lancé par la mairie qui la subventionne : « Musical Ecran ça n’aurait jamais pu marcher dès le début » confie Aymeric M.

Chaque année, l’équipe de Bordeaux Rock s’affaire au mois de mars en lançant « un appel à films » auquel les réalisateurs candidatent. Le comité de sélection, composé de  sept personnes (membres du bureau, du comité d’administration et des salariés) visionne une centaine de films, pour n’en garder que trente. Tout en continuant de soutenir les initiatives locales, le festival s’est développé. Les subventions notamment accordées par  Bordeaux Métropole et le Conseil de la Gironde ont permis de voir plus grand. L’événement accueille aujourd’hui des réalisateurs internationaux et les 1000 spectateurs initiaux ont doublé. La plupart des projections ont lieu au théâtre Molière, loué tous les ans pour l’occasion.  

Des projections variées  

Pour cette 11e édition, Le Festival International de documentaires musicaux propose une trentaine de projections dont 15 avant-premières nationales en la présence de certains réalisateurs. C’est le cas de Bastien Loukia, pour Le mystère Satie, histoire d’un compositeur de génie à qui on doit, entre autres, la Gnossienne n°1, morceau profondément émouvant que l’on entend notamment dans la série Le Jeu de la Dame.  

D’autres histoires sont également à découvrir pour en prendre plein les yeux et les oreilles. Partez à la rencontre de Kate Bush, en allant voir le documentaire qui lui est consacré et replongez dans la série Stranger Things.  

Sept projections du festival seront gratuites, dont celles du samedi 15 novembre qui se  dérouleront à la MECA (Frac et Alca), dans la continuité du festival. Une oeuvre pleine de poésie sera projetée à cette occasion : Sound Dreams of Istanbul, nous ouvre à un univers rêvé rythmé par les sonorités turques traditionnelles.  

Les films choisis soulèvent des thématiques de société. Dans Rumba Congolaise : les héroïnes, on découvre des artistes oubliées des années 1950. Yamina Benguigui leur rend hommage en les faisant rayonner à l’écran.  

D’autres films parlent plus directement d’actualité, comme Ukraine Fire de Nayan Ducruet qui met en avant l’art en tant qu’outil de résistance.  

La communauté Queer, au coeur de cette édition  

« Le festival met à l’honneur l’engagement dans la musique ». Emmanuel Cier, chargé de  communication à Bordeaux Rock insiste sur l’aspect politique du festival, qui fait écho à la ferveur des débuts de l’asso. En s’emparant des sujets d’actualité, le festival vise à sensibiliser aux questions de société. C’est la communauté queer qui est au centre de l’édition 2025. Trois artistes reprennent vie. Avec Vivre et laisser vivre : la voix de Jackie Shane, on part à la rencontre de la première femme transexuelle noire. Courageuse et confiante, elle bouscule les codes et éblouit les salles des États-Unis des années 60.  

Dans The Life of Sean Delear, les archives personnelles de l’artiste retrace sa construction en tant que chanteu.r.se et en tant qu’individu dans les années 1990.  

Le 13 novembre, le film coup de coeur du festival est projeté gratuitement, en présence du réalisateur. Jimmy Sommerville, rebelle queer de la pop anglaise, retrace l’adolescence de cet artiste homosexuel, témoin de l’ère ravageuse du Sida et d’une société bousculée par les idéaux révolutionnaires et émancipateurs. 

Le choix de cette thématique, reine du festival est l’occasion d’échanger et de sensibiliser  le public aux réalités queer. Après la projection, une table ronde intitulée « La Musique Comme Outil de Résistance Queer » est organisée.  

Dans la continuité de l’esprit participatif du festival, un « prix du public » sera décerné au  documentaire musical préféré des spectateurs. L’occasion de mettre à l’honneur les sujets qui vous font vibrer !

© Crédits photo : Marie Bonneau

Marie Bonneau

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