Les constructeurs automobiles français de retour dans la course

Les constructeurs automobiles français de retour dans la course

Après une période post-Covid difficile, les usines françaises semblent mieux se porter dans le secteur automobile. La production progresse de manière positive. Néanmoins, le secteur évolue et fait toujours face à des défis majeurs

Les trois acteurs français, Renault, Stellantis et Toyota, enregistrent une hausse des volumes sur l’ensemble de l’année passée. De quoi redonner espoir à l’industrie française après une crise post-Covid inévitable.

Le nombre de véhicules produits, voitures et vans confondus, s’élève à 1 476 672 unités selon le magazine « L’Usine Nouvelle » ; c’est 8,5 % d’augmentation par rapport à 2024. Même si les volumes restent nettement inférieurs qu’avant ceux de la pandémie, la progression laisse présager une bonne année 2026.

Stellantis survit grâce à ses SUV

Le groupe Stellantis est celui qui a produit le plus en France. 661 900 véhicules sont sortis des différentes lignes de production françaises. Il a produit plus de 90 000 unités supplémentaires par rapport à 2023. L’accroissement des ventes est notamment dû à la ferveur des SUV qui sévit toujours les constructeurs et les consommateurs. Le Peugeot 3008 et son dérivé à 7 places, le 5008, se sont produits à près de 230 000 unités l’année passée. Les 6 000 salariés de l’usine de Sochaux travaillent alors en deux équipes soutenues par une demi-équipe de nuit.

Chez Citroën, le C5 Aircross produit à Rennes s’est écoulé à un peu plus de 64 000 exemplaires. À Poissy, la situation devient préoccupante pour les salariés de l’usine. Elle n’a produit que 89 500 véhicules en 2025 (l’Opel Mokka et le DS 3). Bien que ce chiffre soit en légère hausse (87 000 l’année passée), le groupe Stellantis estimerait que ce ne soit pas assez pour maintenir le site en activité.

La R5 mène Renault sur le devant de la scène

Renault a porté sa production tricolore à 505 000 exemplaires l’an passé. Depuis sa présentation, la nouvelle R5 ne cesse de grapiller les parts de marché. Elle est d’ailleurs la voiture électrique la plus vendue en France en 2025 devançant le Tesla Model Y. La petite citadine électrique s’est produite à environ 85 000 exemplairesen 2025. À noter que ses cousines techniques, l’Alpine A390 et la Nissan Micra, ne sont pas comptabilisées ici. Ce succès permet à l’usine de Douai de contrebalancer les demi-échecs de la Megane et du Scenic électriques.

Elle reste tout de même la première du constructeur au losange. Avec plus de 150 000 unités produites et 2 800 salariés, l’usine garde un rôle central dans l’assemblage de véhicules notamment avec le développement des modèles électriques.

Le projet baptisé « Electricity » par Renault avait pour objectif de produire près de 400 000 véhicules électriques à l’horizon 2025. Cet objectif devait être réalisé sur le total des unités des usines de Douai et Maubeuge. Cependant, il est encore loin d’être atteint. 100 000 unités manquent à l’appel. Même si les R5 et R4 compensent les chutes de production des utilitaires de la marque, cela ne permet pas à Renault d’atteindre le but qu’il s’était fixé.

L’usine qui produit le plus n’est pas d’un constructeur français

Même si les deux groupes automobiles Renault et Stellantis ont des usines en France, elles ne sont pas celles qui produisent le plus de véhicules. La palme revient à Toyota. Le constructeur japonais produit deux modèles phares de sa gamme près de Valenciennes : la Yaris et la Yaris Cross. Le succès de ses deux modèles citadins lui permet d’enregistrer un nombre de ventes record chaque année.

2025 a notamment été une année record pour Toyota car 283 465 véhicules sont sortis de sa ligne de production. Un nouveau score pour la marque dont la production a été largement soutenue par le Yaris Cross son dernier SUV urbain. Ce nouvel exploit tombe à pic ; l’usine fête ses 25 ans d’existence cette année en France.

Une industrie menacée en France ?

L’industrie automobile fait partie intégrante du patrimoine français. Les grands constructeurs comme Renault, Peugeot et Citroën ont fondé les piliers du secteur. Néanmoins, il reste difficile pour ces constructeurs de garder leurs sites en activité en France.

Stellantis n’emploie plus que 39 000 salariés fin 2024 quand le groupe en comptait près de 126 000 vingt ans auparavant, soit des effectifs divisés par trois. Renault compte quatre usines de montage avec un petit atelier de montage Alpine à Dieppe dans le pays. Il ne dispose plus que de 38 700 effectifs en France ; c’est bien moins que les 48 700 avant le Covid.

Aujourd’hui, ces groupes préfèrent délocaliser une partie de leur production dans des pays où le coût de la main d’œuvre est inférieur à celui de la France. Au sein de l’Hexagone, le coût horaire d’un ouvrier est de 47 euros contre 27,5 en Espagne, 18,5 en Slovaquie et 5 à 6 au Maroc. Il n’est pas rare de voir des modèles assemblés à l’étranger notamment pour les plus petits comme la dernière Renault Twingo électrique assmblée en Slovénie.

Esteban Garat

©Renault

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