Au terme de quinze mois d’une guerre ravageante sur le sol palestinien, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza mercredi 15 janvier. Celui-ci est entré en vigueur le 19 janvier et se déroulera en 3 étapes.
L’origine du conflit
Le conflit a débuté le 7 octobre 2023, lorsque des centaines de combattants du Hamas ont pris d’assaut la frontière sud d’Israël. L’Israël a répondu par une campagne militaire avec des bombardements aériens immédiats. Ils ont continué avec une invasion terrestre quelques jours plus tard. Par la suite, ils ont attaqué des cibles dans toute la bande de Gaza par voie terrestre, maritime et aérienne.
Après 471 jours de cette guerre dévastatrice, plus de 46 700 personnes, dont une majorité de civils, ont été tués par les attaques israéliennes, mais également 110 000 blessés. Tout est à reconstruire, étant donné que plus de 92 % des maisons, 88 % des écoles et 70 % des bâtiments, ont été détruits. Le cessez-le-feu tant attendu a été annoncé le 15 janvier par le Qatar, qui a joué un rôle crucial en tant que médiateur principal aux côtés des États-Unis et de l’Égypte dans le cadre du conflit. Celui-ci est entré en vigueur dans la matinée du 19 janvier. Cela a amené une lueur d’espoir à la population palestinienne.
Un cessez-le-feu « entier et total »
Le cessez-le-feu va se dérouler en trois étapes majeures. La première étape, qui a débuté dimanche 19 janvier à 10h15 (heure de Paris) avec près de trois heures de retard, le Hamas a tardé à fournir la liste des 90 otages libérés, dont trois otages israéliennes qui doivent être délivrées le jour même.
Cette première étape, une trêve de 42 jours, consiste à un cessez-le-feu « entier et total » d’après les mots de Joe Biden, avec un retrait israélien dans les zones densément peuplées. Il y a aussi la libération de certains otages, les femmes, les personnes âgées et blessées. Au total, 33 otages retenus à Gaza doivent être libérés en échange d’environ 1 900 Palestiniens. Cette trêve permet également l’arrivée d’aides humanitaires sur le territoire et l’ONU prévoit l’entrée de 600 camions par jour. Le lundi 20 janvier, plus de 900 camions d’aide humanitaire ont pénétré dans la bande à Gaza. Aucun pillage et aucune attaque ne sont à déplorer lors des premiers jours de trêve. La priorité dans ces aides est surtout l’aide alimentaire, les soins de santé, le réapprovisionnement des hôpitaux et la réparation des réseaux d’eaux. Cette aide est un véritable espoir pour les Gazaouis.
La deuxième phase consiste à une fin définitive de la guerre avec la libération des derniers otages et soldats. Cela mènerait à la retraite totale des troupes israéliennes de la bande de Gaza. La troisième et dernière phase, est consacrée à la reconstruction de Gaza et la restitution des corps d’otages. Les termes définitifs de cet accord, doivent être négociés durant les 6 semaines de la première phase.
La longueur de ces étapes reste encore déterminée contrairement à la première.
Les trois otages libérées par le Hamas ce dimanche, ont été remises à la Croix Rouge sur le territoire israélien. Il s’agit de la Britannico-Israélienne Emily Damari, 28 ans, Rom Gonen, une Israélienne de 24 ans et Doron Steinbrecher, une Israélienne de 31 ans. Elles sont toutes en bonne santé et déclarent être « revenues à la vie ». Le lendemain, ce sont 90 Palestiniens qui ont été libérés par Israël. Les prochaines libérations auront lieu le samedi 25 janvier. Selon l’armée, environ « trois à quatre femmes enlevées » seront libérées chaque semaine.
La peur persiste
Malgré tout, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prévenu qu’il se réserve « le droit de reprendre la guerre si besoin et avec le soutien des Etats-Unis ». Le mouvement palestinien a affirmé que la trêve dépendait du « respect des engagements » par Israël. La trêve n’est pas donc qu’un espoir éphémère. Lors du deuxième jour, au moins deux personnes, dont un enfant, ont été tuées et huit autres ont été blessées par balle par l’armée israélienne à Rafah. L’armée israélienne indique avoir effectué des « tirs d’avertissement » en direction d’un groupe qui s’approchait de soldats qui y étaient toujours déployés. Le risque et la peur du non-respect du cessez-le-feu sont une réalité pour les Gazaouis.
Maëlys LACAMPAGNE
Crédits photo(s) : Mohammed Abubakr, Pexels
Etudiante en licence sciences de l’information et communication, je souhaite devenir journaliste ! De nature très curieuse, je m’intéresse à de nombreux sujets très divers que j’essayerai de retranscrire au mieux dans mes articles.