Lancée il y a plus de 30 ans, la gamme RS est maintenant emblématique dans la gamme Audi. Le constructeur d’Ingolstadt dévoile aujourd’hui la RS3 competition limited : une version musclée et spéciale de la RS3. Retour sur l’histoire de la division RS.
Originaire d’Ingolstadt, Audi sort en 1980 l’Audi Quattro : un coupé de 200 ch associé à une transmission intégrale. Les quatre roues motrices donnent un comportement routier rassurant dans toutes les conditions. Son concepteur Ferdinand Piëch, un ingénieur de chez Porsche, crée un véhicule qui rafle les victoires en rallye. Le constructeur aux quatre anneaux remporte alors plusieurs fois la première place.
La filiale « Quattro GmbH », créée en 1983 à Neckarsulm, introduit la gamme « S » : des véhicules puissants, sûrs et agréables à conduire. Néanmoins, BMW avec sa gamme M et Mercedes avec la griffe AMG dominent le marché en proposant des modèles avec des motorisations encore plus puissantes. Audi décide de s’associer avec Porsche et ce n’est qu’en 1994 que la révélation « RS » prend vie. Une Audi 80 S2 énervée sort sous une carrosserie atypique.
L’Audi RS2 : l’(A)vant-gardiste
En 1994, Audi présente la RS2. Oubliez la carrosserie aérodynamique des coupés et berlines : ici un break débarque. À cette époque, elle est la concurrente directe de la M3 E36 de 286 ch de chez BMW et de la C36 AMG de 280 ch de chez Mercedes. Audi peinait en face avec sa S2 de seulement 231 ch. Ferdinand Piëch a l’idée de créer une voiture aussi performante qu’utile pour la vie quotidienne. En proposant un nouveau type de sportives, la RS2 ouvre le bal d’une nouvelle catégorie de véhicules : les breaks sportifs.
Développée avec Porsche, l’Audi RS2 possède un moteur 2.2 litres de 5 cylindres auquel Porsche ajoute un turbocompresseur et un refroidisseur modifiés. Il développe alors 315 ch et délivre un 0 à 100km/h en 5,4 secondes. Pour son époque, il offre des performances proches des Lamborghini Countach et Ferrari 348 tout en offrant un confort inégalé.
Esthétiquement, de nombreuses pièces sont reprises du constructeur de Stuttgart. Les rétroviseurs et les clignotants sont repris de la Porsche 993. Le design extérieur reprend les codes porschiques. Les entrées d’air dans le pare-chocs, le design des jantes mais aussi le bandeau lumineux à l’arrière rappellent celui des Porsche 964 et 993. À l’intérieur, les sièges avant sont signés Recaro et recouverts d’Alcantara tout comme les contre-portes. Les cadrans des compteurs sont blancs et rappellent l’ADN sportif du break.
Une recette basée sur les breaks : la gamme Avant
Le succès de la RS2 est tel que la marque décide d’augmenter ses cadences de production. En deux ans, plus de 2 900 exemplaires sont produits. Ses concurrents reprendront très vite le concept notamment Mercedes qui décline sa C36 AMG en break.
La gamme RS reprendra en 2000 avec la RS4. Cette version suit la même recette. Elle sort d’abord en version Avant, comprenez break chez Audi, puis en berline. Avec plus de 6 000 exemplaires vendus, la recette reste gagnante.
S’ensuivra la RS6, toujours Avant, en 2002. Elle propose un moteur V8 de 4.2 Biturbo qui laisse échapper 450 ch. Comme à son habitude, la version break est la première à être commercialisée. La version Avant est d’ailleurs la seule à bénéficier de la version « Plus » développant 480 ch.
Innovant en course automobile
Début 2000, Audi prend part aux courses d’endurance. Comme pour les rallyes avec l’Audi Quattro, elle fera des ravages. De 2000 à 2005, le constructeur allemand monopolise la première place avec l’Audi R8. Ces cinq ans consécutifs pousseront Audi à développer une nouvelle voiture de compétition.
Avec le développement des motorisations diesel, le constructeur allemand développe l’Audi R10 TDI. Son moteur diesel consomme moins et nécessite donc moins d’arrêts au pit stop. Par conséquent, elle roule plus longtemps. Audi conservera sa première place trois années de suite de 2006 à 2008.
En 2007, Audi sort la version route de sa voiture de compétition : l’Audi R8. Elle arbore une architecture V8 à position centrale arrière avec un moteur de 4.2 litres développant 420 ch. Une version V10 de 570 ch sortira en 2009. Le succès est au rendez-vous ; la marque augmente ses cadences de production. À plus de 100 000 €, elle rivalise avec Aston Martin et Porsche.
Tous les modèles désormais dopés
La recette RS s’est emparée de l’ensemble de la gamme Audi. En 2009, l’Audi TTRS prend du galbe pour atteindre 335 ch. Le mythique moteur 5 cylindres et la transmission intégrale, chers à la maison Audi, sont toujours de la partie.
En 2010, Audi ressort la même recette sur la RS5 Coupé. Développant 450 ch, le moteur V8 de ce coupé est dérivé du V10 de la Lamborghini Gallardo. Le design intemporel sculpte des lignes sportives tout en gardant l’élégance d’Ingolstadt. Sur le même schéma en 2013, Audi dévoile la RS7. Cette grande berline coupé cache sous son capot un V8 TFSI de 560 ch, le même que la RS6.
Un an plus tard, l’A3 a droit à sa version musclée. La S3 prend quelques chevaux en plus pour atteindre 340 ch en 2011. Le moteur essence TFSI 5 cylindres de 2.5 litres équipe cette première génération. Le modèle était déjà renommé pour sa position de conduite d’une catégorie supérieure, ce qui lui conférait un réel aspect de routière.
En 2013, Audi s’attaque à sa gamme de SUV. Audi décide de piquer le Q3 avec sa seringue RS. Le RSQ3 se pare d’un kit sportif et délivre 310 ch et même 367 en version Performance. La deuxième génération prendra en galbe pour atteindre 400 ch en version classique et Sportback. En novembre 2019, la seringue pique à nouveau : le Q8 devient RSQ8 et libère 600 ch et jusqu’à 640 dans sa version Performance.
Vers l’électrification
Avec l’avènement du tout-électrique, le blason RS serait voué à disparaître. Néanmoins, les modèles 100 % électrique prennent la relève. Audi propose la RS e-tron GT : une grande berline électrique, cousine de la Porsche Taycan, qui développe 876 ch dans sa version de base et 925 dans sa version Performance.
Cependant, les critiques négatives sont vives. Au sein de la communauté de passionnés, beaucoup soulignent le manque de performance et de sensations au volant tandis que d’autres y voient une solution durable pour l’avenir. Reste que l’avis reste propre à chacun et que les motorisations électriques risquent de se multiplier dans les années à venir, y compris dans les divisions sportives.
Cupra, la division sportive de SEAT du groupe Volkswagen, lèvera bientôt le voile sur son nouveau petit SUV urbain. Nommé Raval, il développera 226 ch dans sa motorisation la plus puissante. Le constructeur hispanique propose d’ailleurs deux autres modèles électriques : la Born et le Tavascan.
50 ans du cinq cylindres : la RS 3 limited performance
La marque aux quatre anneaux a récemment dévoilé une version « limited performance » de la RS3. Esthétiquement, des éléments en carbone mat caractérisent la nouvelle version. Des jantes 19 pouces coloris or à dix branches chaussent la compacte. Trois couleurs sont disponibles sur cette version limitée : Gris Daytona, Blanc Glacier mat et le nouveau Vert Malachite, couleur symbolique de la division Audi Sport Quattro.
Le moteur 2.5 TFSI qui développe 400 ch offre un 0 à 100km/h en seulement 3,8 secondes. La version est également équipée de suspensions à combinés filetés et une barre stabilisatrice arrière plus rigides pour offrir des performances sportives sur la route. Réglables sur trois niveaux, les amortisseurs peuvent être personnalisés indépendamment pour plus de confort au volant.
Disponible en version Sportback ou Sedan, cette version spéciale de la RS3 est limitée à 13 exemplaires chez nous. Son tarif s’élève à 112 970 € en carrosserie Sportback. Elle n’est déjà plus disponible à la commande.
©Audi France Media
Esteban Garat

Sur ma page, je parle politique, économie mais surtout automobile ! Je m’intéresse également aux langues étrangères et aux cultures germaniques et scandinaves. En espérant que vous preniez plaisir à lire mes articles ! 😉