Fin janvier 2026, des affiches intrigantes signées “Friend.com” sont apparues sur les murs du métro parisien. Ces affiches promeuvent un collier IA qui pourrait devenir un compagnon fidèle au quotidien.
« Je serai toujours d’accord pour prendre un café avec toi », « Je regarderai tous les épisodes avec toi », « Je ne laisserai jamais de vaisselle dans l’évier », telles sont les promesses subitement apparues dans les couloirs du métro parisien. Les grandes pancartes blanches avec une écriture noire sobre, la mention « Friend.com » et une sphère grise pendue à deux cordons, ont rapidement interrogé. Elles mettent en avant un produit de toute dernière technologie: un collier IA, développé en 2024 par l’Américain de 23 ans, Avi Schiffmann.
Ce bijou de technologie ne fait pas l’unanimité d’un point de vue esthétique mais pas que. Les réactions sont partagées et le collier a rapidement fait parler de lui sur les réseaux sociaux. Certaines personnes ont fait un parallèle entre le collier et un épisode de Black Mirror, série de science-fiction britannique, qui envisage quelles seront les conséquences des nouvelles technologies sur l’homme dans un futur proche. Beaucoup associent le nouveau bijou de technologie à un élément dystopique. Avec ces publicités, le collier promet de construire une relation amicale avec son porteur, qu’il accompagnera au quotidien.
Un accessoire qui pose des questions éthiques et politiques
Vendu au prix de 113,49€ , le collier a été conçu pour rester à l’écoute de son porteur, analysant ainsi son environnement en permanence et pouvant interagir avec lui, comme un ami. “Friend”, contrairement à d’autres assistants numériques, peut envoyer des messages sur une application liée, et ce de manière spontanée. Il peut ainsi vous donner des conseils ou des recommandations en fonction de vos activités de la journée.
Le bijou, pas encore disponible en Europe, est déjà fortement controversé. « Friend » rendrait la frontière entre la vie publique et privée plus floue. Selon certains experts, il renforcerait le renfermement social. Dans une société de plus en plus connectée et individualiste, le collier brisera-t-il la solitude de son porteur ou la renforcera-t-il au contraire ? Un véritable enjeu quant aux relations sociales se pose ici. Selon ces mêmes experts, le porteur pourrait également créer une véritable dépendance émotionnelle au bijou, allant au-delà de la simple relation d’amitié.
Le bijou est également perçu comme un outil de manipulation et de surveillance des populations. En captant toutes nos données, en nous traquant sans cesse, le collier peut nous influencer quant à nos décisions. Ainsi, dans un cas qui paraît certes extrême, le collier pourrait nous orienter dans telle ou telle direction politique, nous enlevant toute capacité réflexive.
Une entrée sur le territoire européen qui semble compliquée
La percée du collier en Europe semble assez complexe en raison du règlement européen sur l’intelligence artificielle et le règlement général sur la protection des données (RGPD).
Outre Atlantique, l’accessoire est “un flop” dans le sens où la campagne dans le métro New Yorkais aurait coûté plus d’un million de dollars pour plus de 11 000 affiches et a suscité de très nombreuses réactions, pas forcément positives. Les affiches ont été taguées ou arrachées. En France, les réactions ont été assez similaires: certaines affiches ont été arrachées et taguées et des photos de celles-ci ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, suscitant de très nombreuses réactions principalement négatives.
Avi Schiffmann, le créateur, a cependant assuré au média anglophone The Observer que le collier s’est vendu à plus de 3 000 exemplaires. Le démarrage du produit n’est pas une franche réussite, en particulier lorsqu’on le compare à d’autres accessoires d’intelligence artificielle qui ont investi notre réalité, comme ça a été le cas pour les lunettes Meta Ray-Ban par exemple.
Les informations de vente restent également vagues. Sur le site, les prix affichés sont seulement en dollars et toutes les informations en anglais. Aucune annonce de mise en vente dans des magasins physiques ou sur des sites d’e-commerce au sein de l’Union Européenne n’ont été communiquées.
GALOPIN–CAHU Emma
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Étudiante en Lettres Babel à Bordeaux, j’ai dû me séparer de ma Normandie natale que j’aime tant. Malgré ce douloureux détachement, je me plais beaucoup ici et souhaite partager mon amour pour le sport et la “pop culture” dans mes articles.