Face à la précarité étudiante, un rapport parlementaire propose de revoir le système des bourses

Face à la précarité étudiante, un rapport parlementaire propose de revoir le système des bourses

Le mercredi 1er octobre, un rapport listant 22 recommandations pour lutter contre la précarité étudiante à été présenté à l’Assemblée nationale. Mené par la députée communiste Soumya Bourouaha, il dénonce l’obsolescence du système d’aide pour les jeunes.

 

Selon la parlementaire, les bourses ne suffisent plus à couvrir les besoins essentiels, en particulier face à l’inflation dans certaines grandes villes. Cette année 2025, les étudiants doivent dépenser en moyenne 800 euros de plus qu’en 2024, d’après l’enquête annuelle de l’UNEF concernant le coût de la vie étudiante. A l’heure actuelle, un tiers des boursiers bénéficient de 150 euros par mois, tandis que seulement 8,2% d’entre eux perçoivent 633 euros, soit l’aide maximale. Le rapport met en évidence un système inégalitaire, conditionné par le revenu des parents : Un euro supplémentaire sur le revenu annuel du foyer parental peut avoir des conséquences sur la bourse de l’enfant, entrainant sa diminution voire la fin du statut boursier. Une rupture familiale empêche alors le jeune d’avoir accès aux aides.

 

Un nouveau système qui se veut plus juste

Parmi les recommandations, La députée propose d’étendre le versement des bourses sur critères sociaux aux mois de juillet et août. Actuellement, les étudiants ne perçoivent aucune aide sur cette période. “Ils ont pourtant des frais, particulièrement ceux qui conservent un logement et doivent payer un loyer”, rappelle Soumya Bourouaha. Cette dernière suggère également un revenu étudiant universel, composé d’un “socle universel”, et d’une “part sociale modulable.”

La base fixe est estimée autour de 145 euros. Elle serait disponible pour tout étudiant, sans distinction de revenu. Quant à la partie modulable, 3 critères permettraient de la définir : le taux de “décohabitation sociale” (si l’étudiant vit encore chez ses parents), les revenus du foyer et l’indice du coût de la vie sur le lieu d’étude. Ce nouveau dispositif permettrait aux étudiants de ne plus dépendre entièrement du budget familial.

Ce changement de système coûterait dans les 10 milliards d’euros. Pour le financer, l’élue souhaite entre autres supprimer certains avantages fiscaux aux parents, notamment la demi-part fiscale, touchés selon elle par les foyers les plus aisés. S’ajouterait à cela 3 milliards d’euros tirés du dispositif préexistant.

 

Une situation alarmante

Le bilan intervient quelques jours après la publication annuelle de la COP1 : Une association créée suite à la crise du COVID 19, menant différentes actions pour aider les étudiants au quotidien.

En parallèle, l’organisme mène aussi des études sociologiques sur la situation. Chaque année est posté le baromètre sur la précarité étudiante. Au cours de l’année 2025, l’association, avec la participation de l’IFOP, a interrogé 1816 jeunes dans toute la France, dont 1016 bénéficiaires de l’organisme. Les chiffres qui en ressortent ont de quoi inquiéter. 49 % des étudiants interrogés n’ont plus que 100 euros de reste à vivre une fois le loyer payé. Face au manque d’argent, les jeunes décident d’abord de dépenser moins pour se nourrir. Dans cette situation, deux tiers des étudiants déclarent avoir déjà sauté un repas par manque d’argent.

Au-delà des privations matérielles, les jeunes limitent leurs sorties, loisirs et intéractions sociales. 41% des jeunes disent se sentir seuls. Le baromètre met également en avant une absence d’informations concernant les aides sociales et financières à disposition. A cela s’ajoutent trop de délais dans les démarches administratives : les étudiants préfèrent abandonner.

La présidente de l’association, Léonore Manoury, partage l’idée d’une réforme des bourses, et insiste sur le besoin d’actions concrètes de la part de l’Etat. “Si les associations jouent un rôle essentiel en apportant des réponses d’urgence et de proximité, elles ne peuvent à elles seules pallier des carences structurelles ».

 

 

Crédit photo : StockSnap sur Pixabay

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