Entre ouragans, cyclones et super typhon, le climat s’emballe en cette fin de COP 30 agitée

Entre ouragans, cyclones et super typhon, le climat s’emballe en cette fin de COP 30 agitée

Ce vendredi 21 novembre 2025, se clôture la 30ème Conférence des Parties (COP 30), grande réunion annuelle où se retrouvent une grande majorité d’États mondiaux afin de discuter des actions à mener contre le changement climatique. Cette année réunis au Brésil à Belém, les accords sont encore au point mort alors que les crises météorologiques s’intensifient et ne cessent de battre des records en 2025.

 

En 1995, a eu lieu la première COP à Berlin. Fixant pour les pays participant des objectifs chiffrés en matière de limite de gaz à effet de serre dans leurs régions. Elle répond au premier rapport du GIEC (groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat) de 1990 qui affirme « il existe un effet de serre naturel qui maintient déjà la terre à une température supérieure à celle qu’elle aurait autrement ». Depuis 28 COP et 5 rapports du GIEC n’ont fait qu’attester une chose, le réchauffement climatique est inévitable, il s’agit désormais de le limiter.

Réunit pour la trentième année consécutive, cette COP intervient au Brésil dans un contexte de réchauffement toujours plus pressant alors même que les Etats-Unis deuxième pays le plus pollueur n’y participent pas. Responsable du rejets de 5 milliards de tonnes de CO2 par an, les Etats-Unis qui se sont également retiré des accords de Paris de 2021 qui prévoyaient une limitation des rejets des gaz à effet de serre et des températures globales à 1,5 degré depuis la période préindustrielle. Cette inaction du gouvernement marque les limites de l’exercice des mesures prises par ses COP. Malgré cela, le président hôte Lula est moteur d’espoir et dès l’ouverture de celle-ci demande aux états de tout faire pour « sortir des énergies fossiles et décider des mesures à prendre à son rythme ». L’enjeu est d’affirmer des « mesures » climatiques entendable pour chaque état indifféremment de leurs actions, argent ou pollution.

 

Une COP 30 divisée malgré des attentes importantes

Les acteurs de la COP ont du mal à s’entendre alors même que la clôture est proche. Certaines grandes décisions attendues sont mises de côté pour avancer. Les solutions de l’abandon des énergies fossiles, le financement par les pays riches des pays vulnérables au réchauffement et aux crises météorologiques ainsi que le rehaussement des objectifs climatiques des pays sont mis en attentes. Les États participant sont en désaccords, l’Azerbaïdjan par exemple n’a pas reçu les subventions qu’elle demandait lors de la COP 29 et demande des fonds. D’autre part, les pays développés comme la France ne sont aujourd’hui pas prêts à verser des fonds pour la transition écologique internationale d’après la directrice de la rédaction de Reporterre. Notre pays qui est déjà atteint d’une dette de 115 % de son PIB ne prévoit pas de verser des fonds à cet égard.

Ainsi déclare Monique Barbut, la ministre française de la Transition écologique à Belém, ce mercredi 19 novembre : « Non, il n’y aura pas de décision de la COP aujourd’hui. Je ne vois pas comment cela pourrait arriver. En revanche, qu’il y ait un peu de mouvement oui. Mais on est encore loin du compte. » tiré de l’AFP. 

Les discussions se complexifient dans ce contexte de dépenses économiques aux profits des uns et la méfiance financière prend le dessus sur les urgences climatiques qui s’accentuent chaque année. Alors que les rapports scientifiques rappellent l’accélération du réchauffement et la multiplication des catastrophes climatiques, les pays vulnérables, souvent en première ligne face aux tempêtes, sécheresses ou inondations. Cette fracture Nord-Sud, entre des États plus riches et moins touchés au Nord et des États en développement qui manque de moyens au Sud, est désormais plus que criante et l’écart s’est encore creusé à Belém, compliquant l’adoption d’un texte final consensuel. À l’approche de la clôture, l’incertitude domine : les négociateurs espèrent encore un compromis sur l’accord de l’abandon des énergies fossiles même si la coopération doit être de mise pour cela. 

 

2025 en chiffre : L’urgence des mesures se font entendre 

L’année 2025 aura encore une fois de plus été le théâtre de vagues de tempêtes, de cyclones et d’ouragans de fortes intensité. Dans l’Atlantique Nord, les ouragans Erin et Mélissa, celui-ci désigné comme le plus intense cyclone tropical de 2025 et le troisième des plus intenses jamais enregistrés, ont montré la tendance du réchauffement climatique sur notre planète. Se formant dans des zones marines chaudes, la mer des Caraïbes où elles ont sévi est aujourd’hui à une température de plus de 30 degrés. Formant des rafales de vent de 150 km/h et des inondations marines affectant plusieurs régions côtières ont été recensées. Phénomène non isolé, des super-typhons ont touché les Philippines entre le 7 et le 13 novembre. Des vents atteignant 300 km/h, des crues dévastatrices qui ont ôté la vie de plus de 400 personnes. 

Le bilan de l’année est une nouvelle fois alarmant, 13 tempêtes ont été nommées pour avoir causé beaucoup de dégâts matériels et humains et parmi elles. 5 ouragans se démarquent dont 3 de catégorie 5 (la plus grande). Parallèlement à ces tempêtes, la planète a enregistré sa deuxième année la plus chaude, qui confirme une tendance générale préoccupante. À l’heure actuelle, la température mondiale moyenne a atteint environ 1,3 degré par rapport à l’ère préindustrielle, avec des pointes autour de 2 degrés. Quant aux pôles, ils se réchauffent de deux à quatre fois plus rapidement que le reste de la planète : l’Arctique a subi une nouvelle diminution marquée de sa glace estivale, alors qu’en Antarctique, la superficie du couvert glaciaire a atteint l’un des niveaux les plus bas jamais enregistrés depuis le début des relevés par satellite. Cela accentue l’augmentation du niveau des mers qui augmente de 3,6 mm par an et participe au dérèglement des courants. Des mesures de protection de l’environnement sont encore possible, encore faut-il placer la santé de la planète à l’échelle de sa santé économique. 

 

Crédit : Instagram @typhoonphilippines

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