Privée d’électricité, de carburant et de médicaments, la plus grande île des Caraïbes traverse la pire crise humanitaire de son histoire moderne. Entre durcissement diplomatique et effondrement des services de base, le quotidien des Cubains est devenu une lutte pour la survie physique et la dignité.
Situé au sud de la Floride, Cuba est en pleine crise diplomatique qui dure depuis plus de soixante ans. Depuis la révolution de Fidel Castro (1953-1959), le pays est sous embargo américain. L’embargo a été allégé sous l’administration d’Obama et de Biden, mais depuis le retour de Trump au pouvoir, de nouvelles sanctions et restrictions ont été mises en place. Ces changements sous Trump, plongent l’économie dans un chaos total.
Le choc pétrolier : fin de l’alliance vénézuélienne
L’équilibre de l’île a basculé en janvier 2026. L’arrestation de Nicolas Maduro, président du Vénézuela, par les USA a brisé le dernier pilier énergétique de Cuba. Pendant des décennies, le Vénézuela était le principal fournisseur de pétrole de l’île. Aujourd’hui, Washington a mis en place un blocus maritime, empêchant les pétroliers d’accoster et menaçant de sanctions tout pays, tel que le Mexique, qui oserait tenter d’approvisionner La Havane en carburant. Sans cette précieuse ressource, le réseau électrique national s’effondre, plongeant des millions de Cubains dans l’obscurité et paralysant les transports en commun.
Un quotidien marqué par la misère et la maladie
La dégradation sociale atteint des sommets alarmants. L’Observatoire cubain des droits de l’homme rapporte que près de 90% des résidents vivent sous le seuil de pauvreté. La précarité alimentaire est inquiétante : 70% des Cubains sautent quotidiennement au moins un repas.
L’état sanitaire de pays est aussi préoccupant. A cause des restrictions sur les importations, sept médicaments sur dix sont introuvables. Cette pénurie de soins s’accompagne d’une explosion de maladie comme la dengue ou le chikungunya. Cette prolifération de maladies est accentuée par l’arrêt du ramassage des déchets, les camions étant désormais immobilisés faute d’essence.
Une jeunesse qui prend la fuite
En l’espace de quatre ans, un quart de la population a quitté l’île, faisant de Cuba le pays au déclin démographique le plus violent de la planète. Ce sont les jeunes qui partent en priorité fuyant un environnement où la mortalité infantile a été multipliée par trois en cinq ans. Le secteur du tourisme qui représentait 10% du PIB du pays, ne s’est jamais relevé de la crise sanitaire mondiale.
Un futur incertain
Fin février 2026, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a accusé les États-Unis de chercher à provoquer un chaos humanitaire. Dans la foulée, Donald Trump a évoqué l’idée d’une « reprise en main pacifique » de l’archipel, sans pour autant clarifier ses intentions. Face à cette instabilité croissante, l’ONU a officiellement fait part de son immense préoccupation, redoutant que la détresse socio-économique de l’île n’atteigne un point de non-retour.
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Anthony PAYET