Collecte des restes alimentaires à Bordeaux : que deviennent les contenus des composteurs urbains ?

Collecte des restes alimentaires à Bordeaux : que deviennent les contenus des composteurs urbains ?

Depuis septembre 2024, la Métropole bordelaise installe des « Bada » ou bornes de collecte de déchets alimentaires. D’ici 2026, 1500 box, comme  celui-ci vont être installés en réponse à une volonté de revalorisation des  déchets alimentaires et de généralisation de leur collecte. Cette initiative locale fait écho à une directive européenne, la loi anti-gaspillage de 2020.  Mais concrètement, que deviennent nos bio-déchets ?  

Si vous êtes bordelais, ou que vous avez l’habitude de déambuler dans les rues de la vieille ville, ces bornes marrons, containers à bios-déchets, n’ont pas dû vous échapper. On vous a même peut-être distribué des bio-sceaux et des papiers kraft. Peau de banane, épluchures de pommes de terre ou de carottes ne semblent pourtant pas être une denrée rare ou exceptionnelle, alors pourquoi les récolter ?

En 2025 et pour la première fois, les énergies renouvelables dépassent les  énergies fossiles. L’éolien et le solaire ont compté pour 30 % de la  production d’électricité dans l’Union européenne contre 29 % pour le charbon, le gaz et le pétrole. Éoliennes et panneaux photovoltaïques font  maintenant partie intégrante de notre paysage, mais ils ne sont pas les seuls  à contre-balancer notre dette environnementale.

Les déchets organiques mis de côté et triés se recyclent sous plusieurs formes. Après le passage dans un digesteur, cylindre de macération, les bio déchets sont souvent transformés en biogaz. C’est le processus de méthanisation.

La méthanisation c’est quoi ? 

La méthanisation est un processus biologique permettant de produire une  énergie renouvelable, appelée le biogaz, par la dégradation de matières organiques par des bactéries dans un milieu sans oxygène.

En Aquitaine, ces « biométhane » ou « gaz verts » sont par exemple réinjectés dans le réseau de distribution publique de gaz. Il est naturel et participe à la décarbonation du système énergétique.

Les bio-déchets peuvent également être réutilisés après avoir congloméré en  « digestats », sorte d’engrais servant à la fertilisation des plantes et à l’enrichissement des sols. Bien qu’encore peu utilisés en agriculture, cette valorisation des bio-déchets conduit des agriculteurs à se questionner sur leurs pratiques et leur rapport à la terre.

La méthanisation peut également servir à la production de bioGNV, gaz  naturel destiné aux véhicules. Selon les données de la Base Carbone de  l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le  bioGNV émet 80% de CO2 en moins que le Diesel.

Un lien entre le monde rural et le monde urbain 

A Bordeaux, l’installation de ces bornes participe à une meilleure prise de  conscience des enjeux que soulève le tri des ordures à l’échelle du foyer. Cette mesure rompt avec la déconnexion urbaine aux réalités agricoles et la rupture métabolique théorisée par Marx et Foster. L’impact de la ville dans le changement climatique n’est pas à minimiser. D’après ONU-Habitat, les villes comptent pour 78 % de la consommation énergétique mondiale et  produisent plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, elles représentent moins de 2 % de la surface de la Terre.

De la ville à l’espace rural, le recyclage des bio-déchets s’inscrit dans une logique nationale de circuit court qui, d’après les chiffres européens, avancent dans la bonne direction.

Bonneau Marie

crédit photo: Bonneau Marie

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