Du 7 au 9 novembre 2025, les Assises de la traduction littéraire ont réuni dans la ville d’Arles traducteurs, éditeurs et passionnés autour d’un thème à la fois technique et politique : « Traduire sous contraintes ». Organisée par l’association ATLAS, cette 42ᵉ édition a une nouvelle fois ouvert les coulisses d’un métier aussi essentiel que discret : celui de traducteur.
Traduire sous contraintes : un thème qui interroge la liberté du texte
Le fil conducteur de cette année a permis d’examiner en profondeur l’impact des contraintes — linguistiques, formelles, éditoriales, politiques ou technologiques — sur le travail du traducteur.
Conférences (« Traduire sous censure », « Traduire sous surveillance en Iran »), jeux littéraires comme « J’emmerde les traducteurs », lectures (« Archipelagos : deuxième moisson ») ou tables rondes (« Censure : de quoi parle-t-on ? ») ont offert une visibilité sur ce qui façonne la création littéraire.
Ces échanges ont montré combien la contrainte peut devenir un moteur d’inventivité.
Comment faire face à la censure ou à l’autocensure ? Comment préserver un style lorsque la langue d’arrivée impose d’autres structures ? Comment traduire un texte volontairement expérimental ou une voix réputée « intraduisible » ?
Autant de questions qui rappellent que traduire est toujours un acte de choix, d’interprétation et de responsabilité.
Trois jours de rencontres et d’exploration
Ces réflexions se sont incarnées dans la programmation des trois jours. Parmi les moments marquants : une ouverture consacrée aux thématiques de l’exil et de l’adaptation, rappelant que la traduction est souvent une histoire de déplacement et de transformation ; une table ronde sur les mécanismes visibles et invisibles de la censure, essentielle pour comprendre les tensions qui traversent aujourd’hui le monde littéraire et les ateliers de traduction, où les participants ont pu s’essayer à la pratique dans plusieurs langues.
Ces séances immersives donnent à voir les hésitations, les renoncements et les inventions qui déterminent une phrase traduite.
Cette année encore, la pluralité linguistique était particulièrement mise en avant : anglais, allemand, chinois, bulgare ou encore littératures expérimentales ont illustré la diversité des approches et des défis rencontrés par les traducteurs.
L’ensemble de l’événement a mis en lumière un métier souvent tenu dans l’ombre, mais indispensable à la circulation des œuvres et à la vitalité de la littérature.
Et l’an prochain ?
En clôture, le thème de la prochaine édition a été officiellement dévoilé :
« Transmutations : magie, merveille et autres fantaisies ».
Un horizon placé sous le signe de la métamorphose et de l’imaginaire, qui promet d’explorer les puissances transformatrices de la traduction capable de faire naître d’une langue à l’autre de nouvelles formes et de nouveaux mondes.