2025 retour sur une saison à deux vitesses …..

2025 retour sur une saison à deux vitesses …..

Le 17 mai 2019, Lando Norris prenait le départ de sa première course. 2457 jours plus tard, il est sacré champion du monde au terme d’une saison historique. Retour sur cette saison qui s’annonçait comme la plus grande de l’histoire. 

Ça y est, sept ans après son arrivée en Formule 1 chez Mclaren, le britannique devient le 35ème champion de l’histoire. Il est le premier pilote à décrocher un titre en n’étant ni pilote Red Bull, ni pilote Mercedes, depuis 2009. Malheureusement, ce sacre a été entaché par de nombreuses insultes et critiques sur les réseaux sociaux. Ce que les fans semblent cependant oublier, c’est que pour être champion, il faut être le plus régulier. La régularité, justement, est sans aucun doute ce qui pourrait qualifier la saison de Norris. 18 courses sur 24 achevées sur le podium et 7 pôles pour seulement 3 dnf/dsq (dont deux indépendant de ses performances). Piastri a lui réalisé une fin de saison dramatique, et Verstappen n’a pu jouer le titre qu’à partir de la deuxième partie de saison.   

Mais plus que sa régularité, ce qui marque la saison de Lando, c’est sa capacité à rebondir. Tout au long de l’exercice, le britannique a fait preuve d’une détermination remarquable pour rester dans la course au titre. On notera ses dominations impressionnantes à Monaco, Melbourne, Spielberg, Sao Paulo, et Mexico. Mais même lorsqu’il a eu des moments de doute comme à Zandvoort, ou avec son erreur au Canada, il a toujours su se relever.

Son coéquipier, Oscar Piastri a réalisé une saison à deux vitesses. Son début de championnat était parfait, avec 7 victoires sur les 12 premières courses. Et puis, plus rien, même constat que les deux années précédentes, il ne sait pas finir ses championnats. Néanmoins, il faut souligner son talent et sa vitesse. Ce n’est que sa troisième saison en Formule 1 et il est déjà prétendant au titre, et grand favori pendant les deux tiers de la saison. 

Bien aidé par une Mcl 39 bien née, Mclaren a imposé domination totale, remportant le titre constructeur haut la main, à 7 courses du terme. Mais la gestion des pilotes a été catastrophique tout au long de la saison. La direction ne s’attendait pas à ce que Verstappen revienne en fin d’année. Les “papayas rules”, ont certes fait preuve d’une équité entre pilotes, mais elles ont surtout rajouté une pression inutile. En d’autre terme, cette lutte pour le championnat a, pendant les deux premiers tiers de la saison, été soporifique. 

Du champagne pour pleurer s’il vous plaît !

Faites péter le champagne, c’était le dernier GP au volant du tracteur rouge de Maranello. Fin de saison pour Ferrari. Une saison catastrophique, il n’y a presque rien de positif à tirer de 2025 pour les rouges. Changer à 97% une monoplace qui a quasiment gagné le titre l’année d’avant, était sans doute la pire idée depuis longtemps (et Dieu sait que des idées pourries ils en ont eu). Ils ont littéralement gâché la seule réelle chance de titre depuis 10 ans tout ça pour terminer quatrième du championnat. Mais lorsque nous autres Tifosis, pensons enfin apercevoir la lumière au bout du tunnel avec cette magnifique pôle position de Leclerc en Hongrie. L’équipe la gâche avec une stratégie si dramatique que même un amateur pourrait trouver mieux. Seul point positif, le pilote monégasque a réalisé, au vu de son matériel, une saison plus que correct, contrairement à son voisin de garage….Lewis Hamilton a vécu la pire saison de sa carrière. Le transfert du siècle a viré au cauchemar. Il s’agit tout bonnement de sa première saison sans podium. Sa victoire lors du sprint de Shangaï et ses quelques dépassements laissent encore espérer au fan un retour du plus grand palmarès en 2026. 

Toujours aussi fort 

Chez Red Bull, il faut saluer la remontada magistrale effectuée en deuxième partie de saison. L’arrivée de Laurent Mekies à la mi-saison a métamorphosé l’écurie autrichienne qui n’a plus été la même après. Max Verstappen est toujours aussi impressionnant et reste le meilleur pilote sur la grille. Au soir de Zandvoort, “Super Max” comptait 104 points de retard sur la tête du championnat. Finalement il termine à deux petites unités d’un cinquième titre consécutif. Il termine la saison avec 8 victoires, devant Norris et Piastri (7 succès chacun).

De nombreux fans ont pointé du doigt le swap position des Mclaren à Monza ou l’ultime dépassement de Norris sur Antonelli au Qatar. Mais la réalité est que si Max n’avait pas eu son coup de sang sur George Russell à Barcelone, il serait champion aujourd’hui. Le néerlandais a fait un run impressionnant mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. 

Gianpiero Lambiase (ingénieur de course de Max) et Hannah Schmitz (ingénieure en cheffe de la stratégie) ont permis, tout au long de l’année, de maximiser les résultats de Verstappen. Big up à Red Bull qui envoie l’ingénieure récupérer le trophée sur le podium au Qatar, pays où les femmes sont grandement victimes d’inégalités et de discriminations. 

Chez les anglais de Williams, la saison a été excellente. Cinquième au championnat constructeur, là où l’an dernier ils avaient terminé neuvième. Le renouveau engagé par James Vowles et porté par une paire de pilotes très performante porte ses fruits. Carlos Sainz et Alexander Albon ont tous deux été très bons cette année. Avec comme point d’orgue deux podiums, à la régulière, pour l’Espagnol à Bakou et au Qatar. 

Leurs rivaux directs, Aston martin, Haas ont réalisé des saisons plus ou moins intéressantes. Les deux écuries ont nagé dans le midfield avec quelques performances notables mais globalement rien de bien marquant. En revanche, Sauber, qui sera remplacé par Audi en 2026, a produit une saison surprenante et appréciable. On leur doit notamment l’un des moments les plus émouvants de l’année. Après 239 courses, Nico Hülkenberg est enfin monté sur le podium. À 37 ans, l’allemand s’est hissé sur la troisième marche à Silverstone après une course fantastique sous la pluie. Un moment qui aura ému l’entièreté de la communauté. 

Une génération dorée ? 

Les rookies ont pour la plupart été impressionnants. Bortoleto et  Bearman ont tous deux réalisé une bonne première saison, battant à plusieurs reprises leurs coéquipiers expérimentés (Hulkenberg et Ocon). Isack Hadjar (Racing Bulls) et Kimi Antonelli (Mercedes) ont eux aussi été très bons. Le français a survolé cette saison, s’offrant son premier podium à Zandvoort et s’assurant une place dans la maison mère pour 2026. L’italien a eu un très bon début de saison, et une fin tout aussi exceptionnelle (excepté son agonie à Abu Dhabi). On soulignera quand même un gros passage à vide sur la tournée européenne. Liam Lawson a quant à lui su rebondir après son éviction de Red Bull au bout du deuxième GP. Le néo-zélandais se démarque par son style de pilotage agressif rappelant celui de Verstappen et d’Alonso.

La F1 quitte la France.. L’écurie Alpine a annoncé que son usine moteur à Viry-Chatillon fermerait ses portes à la fin de la saison. Le moteur Renault conclut donc son aventure dans la catégorie reine, qui perd un monument. Le “team d’Enstone” sera équipé du moteur Mercedes l’an prochain. Concernant leur saison 2025, mieux vaut ne pas aborder le sujet. 

 

Malgré son final à trois haletant, un sentiment de déception domine. Cette saison n’était pas celle espérée. Les Mclaren n’ont jamais été inquiétés au championnat constructeur. Le manque de concurrence et la rivalité stérile entre Piastri et Norris n’a pas non plus aidé au spectacle. 2026 sera un véritable plongeon dans l’inconnu, pour vivre le plus grand changement de réglementation de l’histoire.

© : Pexels 

Share