Roselyne Bachelot, ministre de la Culture ou pot de fleurs ?

Cela fait déjà plus de six mois que Roselyne Bachelot, ancienne sociétaire de l’émission Les Grosses Têtes sur RTL, est devenue notre ministre de la Culture. En cette période troublée, elle fait souvent l’objet de critiques par différents médias et artistes la jugeant inutile, mais est-ce vraiment le cas ?

 

Roselyne Bachelot a un long parcours politique. D’abord, elle a été ministre de l’Écologie et du Développement durable de 2002 à 2004, puis ministre de la Santé et des Sports de 2007 à 2010 et enfin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale de 2010 à 2012. Elle a ensuite fait carrière dans les médias avant de revenir en politique en 2020 quand elle fut nommée le 3 juillet 2020 par le Premier ministre Jean Castex. Cette nomination fera l’objet de moqueries sur Internet, car elle avait déclaré en 2017 au micro de Laurent Ruquier « Jamais je ne reviendrai en politique. Je respecte généralement mes engagements ! ».

Ceci dit, les attentes des acteurs de la culture ne vont pas tarder à lui tomber dessus. La ministre a l’assurance d’un parcours politique et d’une expérience en tant que membre du gouvernement, de ce fait vont jaillir d’énormes attentes des différents groupes d’auteurs ou compositeurs qui voient en elle celle qui sauvera le monde de la culture de la crise en cours.

 

Des premiers mois difficiles

Dès le mois d’août, Roselyne Bachelot confirme l’arrêt de la chaîne France Ô et le report de l’arrêt de la chaîne France 4. Ces deux chaînes, faisant partie du groupe France Télévisions, sont les deux chaînes du service public à diffuser le plus de programmes culturels allant du divertissement aux concerts en passant par les spectacles et les films. Cette déclaration ne va pas aider la ministre. Une manifestation va être organisée devant le ministère de la Culture, une tribune signée par 125 personnalités va paraître dans le journal Libération et une pétition recueillera 68 000 signatures. Malgré toutes ces réactions, la chaîne France Ô est aujourd’hui à l’arrêt depuis le 2 septembre 2020.

Dans une vidéo postée mi-août, la chanteuse Clara Luciani reproche à Roselyne Bachelot de ne rien faire pour le monde du spectacle. Roselyne Bachelot se défendra en disant que sa critique est inutile et que les français connaissaient l’emploi du temps des ministres. Cette défense sera plus tard jugée comme condescendante par le chanteur Julien Doré qui se montrait particulièrement touché par l’industrie du spectacle. Mais cette réaction est tout à fait compréhensible : à quoi sert un ministre de la Culture en pleine pandémie ?

 

Ministre, oui mais de quoi ?

Le ministère de la Culture a pour mission selon son décret fondateur rédigé par André Malraux en 1959 « de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français, d’assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et de favoriser la création de l’art et de l’esprit qui l’enrichisse ». En somme, il s’agit de permettre à toute personne ayant soif de culture d’y avoir accès. Il est donc facile de comprendre qu’actuellement le ministère de la Culture ait dû mal réaliser sa tâche avec la fermeture des musées, des salles de spectacle, des théâtres et des cinémas. Ces fermetures sont bien évidemment nécessaires en ces temps troublés, mais pour autant le ministère essaye tant bien que mal de remplir sa fonction.

En effet, dire que le ministère ne fait rien pour le monde de la culture relève de la plus grande mauvaise foi. Un grand nombre de fonds et d’aides ont aujourd’hui été mis en place par le ministère afin d’aider aussi les biens les auteurs et artistes que les vendeurs comme les libraires. On retrouve aussi des fonds de compensation pour les festivals et salles de spectacle. Toutes ces aides sont consultables sur le site de l’association Opale. Aussi, le site du ministère n’a cessé de partager toutes les actualités autour du monde de la culture et des initiatives prises par les collectivités et par le gouvernement. Le ministère n’est clairement pas au chômage partiel à la différence des acteurs du secteur.

Avec le confinement du mois de novembre 2020, les choses ont empiré pour le secteur de la culture, malgré de nouvelles mesures prises notamment pour les cinémas français. Les critiques n’ont pas cessé, notamment du côté des cinémas publics (nous abordions déjà le sujet en décembre dernier). Mais revenons sur la ministre de la Culture. Roselyne Bachelot est celle qui a dû informer le public ainsi que les acteurs du secteur de ces mesures exceptionnelles en lien avec la crise sanitaire. Elle est donc ici à la manière de l’ancienne porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, la cible parfaite pour critiquer les choix réalisés par le gouvernement vis-à-vis de la culture. Roselyne Bachelot n’a en ce moment pas le pouvoir de faire bouger les choses en faveur de la culture, car la santé des Français est actuellement plus importante.

Les attaques qu’a pu recevoir la ministre par notamment le « journaliste » Pascal Praud ou encore par l’acteur Christophe Alévêque disant pour l’un qu’ « elle ne sert à rien » et pour l’autre que « c’est un pot de fleurs » sont ici des critiques qui auraient pu être tenues à l’encontre de n’importe quelle autre personne ayant obtenu le poste de ministre de la Culture. Il est triste de l’avouer, mais la culture est la grande sacrifiée de cette crise sanitaire. Cependant, tout n’est pas complètement sombre. De nombreuses initiatives ont été mises en places et Roselyne Bachelot a annoncé être confiante pour une réouverture prochaine des musées et des centres d’arts ainsi que de la possibilité du retour des festivals l’été prochain. Il ne reste donc plus qu’à espérer que la situation sanitaire s’améliore.

 

Source : Compte Twitter de Roselyne Bachelot @R_Bachelot

 

Raphaël Penault

Crédits photo : AFP

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