Gérald Darmanin : Zone de turbulences

Depuis sa nomination au gouvernement d’Edouard Philippe en tant que ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin fait face à de nombreuses polémiques. Ministre de l’Intérieur depuis juin 2020, c’est une véritable tempête tant médiatique que politique qu’il doit affronter. Récit. 

 

Dès son plus jeune âge, Gérald Darmanin s’intéresse à la politique. Il prend sa carte au Rassemblement Pour la République à 16 ans. Il deviendra membre du mouvement populaire et finira par rejoindre les Républicains. Maire de Tourcoing en 2014, c’est en 2017 qu’il rentre dans le Conseil des ministres grâce à la nomination de l’ancien Premier ministre en tant que ministre de l’Action et des Comptes publics. En juin 2020, il est nommé ministre de l’Intérieur par Jean Castex le successeur d’Edouard Philippe. 

L’homme de 37 ans devient alors le plus jeune ministre de l’Intérieur de la Vème République. Depuis sa nomination, un déferlement de polémiques a surgi de son passé. Notamment accusé de viol, des manifestations contre lui avaient eu lieu en juillet dernier. Non seulement violeur, Gérald Darmanin serait raciste, homophobe ou encore harceleur. Lors de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine il a demandé l’expulsion de 231 étrangers en situation irrégulière pour la prévention contre la radicalisation. En 2013, c’est un tweet avec des propos contre la loi du mariage pour tous qui a fuité.

 

Le ministre de l’Intérieur ne cesse d’accumuler les polémiques médiatiques. Son statut d’ancien maire de Tourcoing joue en sa défaveur étant donné qu’il serait impliqué dans un bon nombre de faits divers accablants. Pris de panique, Gérald Darmanin commence à balbutier et faire des « bourdes » diront les journalistes de Paris Match. Pour cause, la déclaration du ministre qui en appelle à « stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société ». Phrase choc qui déstabilise le mouvement de la République en marche. 

 

Crédits : Anne-Christine Poujoulat – AFP

 

Tourmente en cascade 

Deux plaintes de femmes, l’une pour abus de faiblesse et l’autre pour viol, harcèlement et abus de confiance, ont refait surface. Ces accusations datent de 2009 à 2016. Gérald Darmanin devait passer devant la justice ce mardi 2 décembre. Sa première accusation pour abus de faiblesse a été classée sans suite. A contrario, la seconde a été relancée par la justice. A ce jour, nous n’en savons pas plus. Il déclare n’avoir « jamais abusé de la faiblesse ou de l’intégrité de quiconque ». Le ministre doit faire face et tente de garder la tête hors de l’eau.  

Gérald Darmanin est également mis en porte-à-faux pour les violences policières de ce mois de novembre. Au cours de l’été 2020 il s’exclamait « je m’en étouffe » à propos des agressions menées par les forces de l’ordre. Dans l’affaire Michel Zecler, producteur de musique noir tabassé par quatre policiers, le ministre dit qu’ils ont « déconné ». Son propos jugé « trivial » et « dégueulasse » par l’avocate de la victime, divise aussi l’exécutif et les membres de la majorité. Le projet de loi « sécurité globale » est toujours d’actualité malgré ce déchaînement de haine.  

Le ministre de l’Intérieur maintient ses positions comme il l’a toujours fait. La sécurité est « l’immense faillite du quinquennat » selon Xavier Bertrand, homme politique français. Gérald Darmanin tente de la représenter en profitant du talon d’Achille de son président. Homme solitaire ou presque, il continue de défendre les membres des forces de l’ordre en justifiant leurs actes par un manque de formation et de cadrage sur le terrain. Le démantèlement du camp de réfugiés afghans place de la République a par exemple été soutenu par Didier Lallement, haut préfet de Police de Paris qui l’a jugé « légitime ». 

 

Ce ministre de droite qui veut protéger les forces de l’ordre titille fortement les membres des partis de gauche et d’extrême gauche. Outre toutes ces polémiques et critiques, Gérald Darmanin, convaincant, déclare lors d’une interview pour Paris Match :  « Aujourd’hui, je suis parfaitement aligné avec ce que je pense. Dans ce ministère, je fais ce que j’aime faire ». 

 

Camille Juanicotena

 

Crédits photo : Thomas Sanson, AFP

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