Extinction Rebellion, l’appel à la désobéissance

Extinction Rebellion, l’appel à la désobéissance

Le collectif Extinction Rebellion a pour credo non-violence et mort du capitalisme… Retour sur leur semaine de manifestation dans Paris.

Qui sont-ils ? 

Extinction Rebellion, ou XR, est un mouvement social écologiste international qui a vu le jour en octobre 2018, il y a tout juste un an. A travers leur résistance non-violente et leurs appels à la désobéissance civile, ils cherchent à faire pression sur les gouvernements d’au moins 54 pays, où se trouvent des groupes de rebelles, afin qu’ils agissent pour combattre le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité et le risque d’atteinte des points de basculement du système climatique, qui mènerait à notre extinction. Le mouvement XR a été à l’origine de nombreux événements d’envergure comme le blocage en novembre 2018 des cinq principaux ponts de Londres, ayant poussé le journal The Guardian à avouer « c’est le plus grand mouvement de désobéissance civile depuis des décennies ». Ils ont aussi organisé la première « semaine internationale de la rébellion », du 15 au 21 avril 2019, action très suivie par des militants à Londres ainsi qu’en France.

Nouvelle semaine de lutte

Il y a quelques jours a débuté la seconde « semaine de rébellion internationale », dès le 5 octobre et jusqu’au 12, avec en France le blocage d’un centre commercial. Des actions ont eu lieu simultanément à Berlin, Londres, Madrid etc, menant à des centaines d’arrestations à travers le monde. On en comptait 471 depuis lundi à Londres dans le quartier d’affaires où se tenait la manifestation pacifique. A Paris, la Place du Châtelet et le Pont du Change, très fréquentés, étaient le bastion de l’organisation installée depuis lundi 15h30, pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Une dizaine d’actions étaient prévues jusqu’au 12 afin d’obstruer totalement la circulation au cœur de la capitale. Toute la zone occupée était encadrée par des bénévoles en veste orange, surnommés les « anges gardiens », chargés de faire respecter le calme et d’isoler les manifestants de la police.

Lors du deuxième jour de blocage, le 8 octobre, les manifestants avaient choisi de rester sur place toute la nuit, à quelques centaines de mètres de la Préfecture de Police de Paris où devait se tenir une cérémonie en présence d’Emmanuel Macron dans la matinée. Le troisième jour, le trafic totalement interrompu dans Paris témoignait de la présence continuelle des manifestants, qui dormaient dans des tentes et bouchaient les voies avec des ballots de paille et des pancartes. A Berlin, capitale allemande, la circulation a été interrompue autour de la Colonne de la Victoire, et des centaines de tentes ont été posées devant la Chancellerie. Les militants allemands étaient plus que remontés et déterminés à se faire entendre après avoir été très déçus par le premier jet du projet de « loi climat » de leur gouvernement, ce qui a rapporté à XR un grand nombre de nouveaux adhérents.

Est-ce fini ?

Après la fausse marche funèbre choc organisée à New York –  où défilaient des activistes habillés de noir, couverts de faux sang et portant des cercueils en carton – il faut croire que les images ont marqué mais que le côté extrême du collectif Extinction Rebellion nuit à leur image. C’est notamment ce que redoute le Directeur de Recherche du Cevipof, Daniel Boy, dans une tribune du Monde : « La radicalité absolue d’Extinction Rebellion conduit le mouvement à l’impuissance ». Alors que les militants affirment en avoir « marre de la parlotte », le trop-plein d’actions semble avoir du mal à être digéré, surtout du côté des gouvernements qui font face aux plus gros rassemblements. Par exemple, dans la capitale du Royaume-Uni, où s’est créé le mouvement XR, les manifestants comprennent que les hauts fonctionnaires de l’Etat préfèrent leur tourner le dos au profit de débats purement géopolitiques : « Nous avons besoin de changements radicaux », mais « le gouvernement ne s’occupe que du Brexit » a confié à l’AFP Harriet Thody, militante quinquagénaire londonienne.

Après une nouvelle semaine de mobilisation, il est donc difficile de tirer une conclusion des actions du collectif Extinction Rebellion. Leurs exigences (qui sont consultables sur leur site web pour plus de détails) se placent dans un contexte d’acceptation de l’urgence écologique, mais également d’un déni politique de l’urgence d’agir. Peut-on imaginer qu’une troisième semaine de « Rébellion Internationale d’Octobre » (RIO) se tiendra l’an prochain ? Probablement. En attendant, on est curieux de savoir pourquoi si peu de politiques se sont exprimés au sujet d’XR

« Nous sommes Extinction Rebellion et nous invitons toutes celles et ceux en qui germent l’amour et la révolte pour le vivant à se reconnaître et se regrouper, pour construire les îlots qui dessineront cet archipel des possibles. »

Crédits Photo : site internet d’Extinction Rebellion France / page Facebook d’Extinction Rebellion France

Claire Lavigne

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Claire Lavigne

Féministe, amoureuse des abeilles, curieuse de tout et fan de séries, je m'occupe des portraits et de l'actu qui me plaît ! Contact : Claire.lavigne1967@gmail.com